Un appel d’un collectif de Français d’origine algérienne, de Franco-Algériens et de « Français aimant l’Algérie » dans une tribune récente publiée par Le Monde pour sortir de l’impasse », souligne l’initiative du collectif tout en ancrant leur démarche dans l’actualité médiatique (Le Monde). Ces citoyens, dont les parcours incarnent la complexité et la richesse des liens entre les deux pays, lancent un cri d’alarme : la relation franco-algérienne ne peut plus se réduire à un champ de bataille symbolique. Leur plaidoyer est clair : il faut « retrouver un chemin de coopération et de dialogue » mutuellement bénéfique, loin des invectives et des calculs à courte vue.
La relation entre la France et l’Algérie, trop souvent otage des passions et des calculs politiques, alors que les deux pays célèbrent, non sans ambivalence, soixante ans de traités et de déchirements, un constat s’impose : le dialogue franco-algérien est devenu le théâtre de polémistes en quête de visibilité, au détriment de l’intérêt général.
Depuis des mois, les relations se résument à des passes d’armes médiatiques, alimentées par des franges radicales. Qu’il s’agisse de déclarations incendiaires sur l’immigration, de surenchères mémorielles ou de querelles protocolaires, chaque incident est érigé en crise d’État. Cette escalade rhétorique nourrit un climat de défiance qui pénalise avant tout les citoyens, en particulier les millions de Franco-Algériens pris en étau. Certes, les contentieux existent. Le passé colonial, les déséquilibres migratoires, les silences de l’Histoire : ces sujets exigent une confrontation franche. Mais doit-elle se faire sous le feu des caméras, dans un marchandage permanent entre rancœurs et concessions ?
Le rôle de « pont » des Franco-Algériens, restent les invisibles des discussions diplomatiques, pourtant, ils incarnent au quotidien la possibilité d’une relation apaisée : entrepreneurs créant des emplois des deux côtés de la Méditerranée, chercheurs collaborant sur des enjeux transnationaux. Leur légitimité à participer aux débats est incontestable.
Les deux pays disposent d’atouts complémentaires : l’Algérie, avec son potentiel en énergies renouvelables et sa jeunesse dynamique ; la France, avec ses technologies et son réseau universitaire. Ensemble, ils pourraient impulser des projets structurants — de la transition écologique à la régulation des flux migratoires —, plutôt que de s’enliser dans des querelles de chapelle.
Pour cela, il faut sortir de la logique du rapport de force. La création d’une commission indépendante franco-algérienne, associant parlementaires, experts et représentants de la diaspora, serait un premier pas. Objectif : identifier des chantiers prioritaires et désamorcer les crises par un dialogue continu, à l’abri des soubresauts médiatiques. Riad






























