France : Des pommes amères pour les ouvriers marocains

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Dans les campagnes agricoles françaises (de la France  amie du Maroc), la voix des saisonniers marocains commence à se faire entendre. De plus en plus nombreux à travailler dans des exploitations de fruits, notamment dans le Lot-et-Garonne, certains d’entre eux dénoncent aujourd’hui des conditions proches de l’esclavage moderne.

Une amitié à géométrie variable ? Officiellement, la France et le Maroc entretiennent des relations diplomatiques qualifiées d’« amicales » et de « stratégiques ». Pourtant, sur le terrain, la réalité vécue par certains ressortissants marocains en France contraste violemment avec ce discours. Alors que des centaines de travailleurs saisonniers marocains participent chaque année à l’économie agricole française, une partie d’entre eux se retrouve piégée dans un système d’exploitation digne d’un autre temps. Ce paradoxe soulève des questions sur la responsabilité des autorités françaises dans la protection de ces travailleurs vulnérables, souvent invisibilisés, malgré leur contribution essentielle à certaines filières.

Une enquête récente menée par le média StreetPress a mis en lumière les pratiques douteuses d’un exploitant agricole de la région, connu pour sa proximité avec l’extrême droite. À la sortie de Villeneuve-sur-Lot, cet agriculteur emploie plusieurs dizaines de travailleurs marocains à des conditions alarmantes : salaires inférieurs au minimum légal, logements insalubres, surpopulation dans les dortoirs et manque d’hygiène flagrant.

Mais le scandale ne s’arrête pas là. Selon les témoignages recueillis, plusieurs saisonniers auraient payé jusqu’à 14 000 euros pour obtenir un contrat de travail, par le biais d’un intermédiaire marocain – lui-même ancien ouvrier agricole – qui jouerait un rôle central dans cette filière de recrutement opaque. Certaines victimes ont désormais porté plainte pour traite d’êtres humains. Une enquête est en cours afin de déterminer si l’exploitant était informé des sommes exigées par l’intermédiaire et, le cas échéant, pourquoi il n’a pas réagi.

Ce dossier met en lumière les dérives potentielles d’un système de recrutement de main-d’œuvre étrangère peu régulé, au sein duquel des hommes vulnérables se retrouvent piégés entre la misère de leur pays d’origine et des promesses non tenues.

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