Ils sont 2 159 à dormir sur le bitume, dont 503 ont moins de 3 ans. Le dernier baromètre UNICEF-FAS révèle une progression de 30 % du nombre d’enfants sans abri depuis 2022, année où l’État français promettait pourtant l’impensable : « zéro enfant à la rue ».
Derrière ces chiffres, un drame silencieux qui interroge la capacité de la France à protéger ses plus vulnérables .Le 28 août 2025, à la veille de la rentrée scolaire, 2 159 enfants étaient sans solution d’hébergement après un appel au 115, le numéro d’urgence pour les sans-abri. Parmi eux, 467 avaient moins de 3 ans. Ces données, issues du baromètre annuel co-publié par l’UNICEF France et la Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS), sont pourtant sous-évaluées : elles excluent les mineurs non accompagnés, les familles en squats ou bidonvilles.
La saturation chronique des dispositifs d’hébergement (203 000 places seulement pour des besoins estimés à 300 000) et la pénurie de logements sociaux créent un « embolisme » des centres d’accueil. Résultat : des familles entières survivent dans des hôtels insalubres, des gymnases ou des tentes .
Alors que les crédits alloués à l’hébergement d’urgence ont triplé depuis 2016 (2,9 milliards d’euros en 2025), les associations dénoncent une baisse de 1,7 milliard d’euros des budgets « solidarité » prévus pour 2026. Le programme « Logement d’Abord », doté de 29 millions d’euros, reste insignifiant face à l’ampleur des besoins.
À La Réunion, 1 000 enfants étaient sans abri en 2024 ; à Mayotte, un tiers de la population vit en habitat précaire. Les cyclones de 2024 ont aggravé ces situations, loin des radars médiatiques métropolitains .
En 2024, 855 personnes sont mortes dans la rue, dont 31 enfants. Parmi eux, un bébé de 8 jours. Ces décès évitables symbolisent l’échec d’un système qui ne protège plus les plus fragiles .
Alors que le Sénat adoptait à l’unanimité une résolution transpartisane en mars 2025 pour « mettre fin au sans-abrisme des enfants », les actions concrètes se font attendre. La présidente de l’UNICEF France, Adeline Hazan, résume : « Ce qui manque, ce n’est ni l’expertise ni les ressources, mais la volonté politique ».
Aucune stratégie pluriannuelle, les plans d’urgence se succèdent sans vision long terme,des droits bafoués, ainsi la France viole la Convention internationale des droits de l’enfant qu’elle a ratifiée .
La rue n’est pas une fatalité. En 2017, Emmanuel Macron promettait que « personne ne dormirait dehors ». Huit ans plus tard, des enfants meurent dans l’indifférence générale. Cette crise n’est pas qu’humanitaire ; elle est le symptôme d’une démocratie qui abdique face à l’injustice. Comme le souligne un rapporteur de l’ONU : « La manière dont une société traite ses enfants reflète son degré de civilisation ».
À l’aube du budget 2026, la France doit choisir : continuer à économiser sur les pauvres, ou incarner enfin les valeurs de sa devise républicaine. « Dormir à la rue isole les enfants, les écarte de l’école et, dans le pire des cas, tue. » Riad






























