Gaza: l’Algérie sonne l’alerte à l’ONU 

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Alors que Gaza étouffe sous un déluge de bombes et la Cisjordanie brûle sous les feux des colons, l’Algérie est décidée à ne pas rester silencieuse. Mercredi, elle a exigé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, convoquée jeudi, pour arracher le dossier palestinien à l’indifférence calculée des puissances. Un geste politique fort, mais surtout un cri : celui d’un peuple qui, soixante ans après son indépendance, refuse d’oublier que la liberté des nations ne vaut que si elle est universelle.

Depuis plus d’un mois, Gaza vit un cauchemar méthodique. Un blocus asphyxiant, des frappes « indiscriminées » — euphémisme commode pour désigner l’inqualifiable —, des familles ensevelies sous les gravats, et ces corps retrouvés, ceux de quinze ambulanciers et humanitaires, chiffres rouges ajoutés à une comptabilité macabre. En Cisjordanie, la violence des colons, désormais érigée en système, achève de déchirer le tissu social palestinien. Dans ce théâtre de l’horreur, l’Algérie ne se contente pas de dénoncer : elle rappelle à l’ONU sa raison d’être.

Cette initiative n’est pas un hasard diplomatique. Elle s’inscrit dans une tradition : celle d’un pays qui, depuis la guerre d’indépendance, a fait de la cause palestinienne le miroir de sa propre histoire. Mais aujourd’hui, le geste est autant symbolique que stratégique. En forçant le Conseil de sécurité à se saisir du dossier, Alger met en lumière l’hypocrisie d’un ordre international où les résolutions ne valent que pour les faibles. Que répondront les États-Unis, protecteurs inconditionnels d’Israël ? La France, engluée dans ses calculs électoraux ? La Russie, obsédée par son duel ukrainien ?

Car derrière l’urgence humanitaire se cache une bataille juridique et morale. Le droit international, bafoué à chaque bombe israélienne larguée sur une école de l’UNRWA, à chaque check-point transformé en couloir de la mort, est en train de se dissoudre dans le sang des enfants de Gaza. Les travailleurs humanitaires assassinés — ceux du Croissant-Rouge, de la défense civile, de l’ONU — ne sont pas des « dommages collatéraux ». Ce sont les preuves vivantes d’une stratégie de terreur qui vise à anéantir toute résistance, mais aussi toute compassion.

L’Algérie, en portant ce dossier, joue un rôle de catalyseur. Elle rappelle aux pays arabes leur devoir de solidarité, à l’Europe son histoire coloniale, aux pays du Sud leur combat commun contre l’impérialisme. Mais cette réunion sera-t-elle autre chose qu’un exercice de rhétorique ? Le risque est grand de voir Moscou et Washington transformer la tribune en champ de bataille par procuration, tandis que les civils palestiniens continueront de mourir sous les applaudissements lâches des chancelleries.

Pourtant, il y a urgence. Urgence à criminaliser l’occupation, à sanctionner les colons, à exiger un cessez-le-feu immédiat. Urgence surtout à redonner un horizon à une « solution à deux États » réduite en cendres. L’Algérie, par sa voix, offre une chance à l’ONU de redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : le gardien du droit, pas le notaire de la realpolitik.  Gaza brûle. Le monde regarde. L’Histoire jugera !   Riad

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