Gaza pleure… Le monde arabe en fête!!!

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Gaza vit un Aïd al-Adha tragique, marqué par la faim et les bombardements, alors que le monde détourne le regard ou se perd dans des demi-mesures. L’État hébreu a annoncé avoir récupéré les corps de deux otages, israéliens et américains, dans un raid sanglant sur un hôpital du nord de Gaza, où au moins 16 Palestiniens, dont quatre journalistes, ont été tués. Pendant ce temps, l’aide humanitaire s’effrite, laissant 2,3 millions d’habitants face à une famine orchestrée après 11 semaines de blocus israélien. Cet Aïd, censé célébrer le sacrifice et la solidarité, n’est plus qu’un mirage pour un peuple à bout.

La Gaza Humanitarian Foundation (GHF), une organisation privée soutenue par les États-Unis et l’entité sioniste, devait être une réponse à cette crise. Lancée le 26 mai après la reprise des livraisons d’aide sous pression internationale le 19 mai, elle a remplacé les agences traditionnelles, dont l’ONU, qui alertait sur un risque de mort massive par inanition. Mais jeudi matin, ses sites de distribution restaient fermés, suite à des fusillades près de Rafah où des dizaines de Palestiniens ont été tués sur trois jours. L’armée de l’entité israélienne évoque des « coups de semonce », une version contestée par des témoignages locaux relayés sur les réseaux sociaux, qui parlent d’exécutions ciblées. La GHF, critiquée pour son manque de transparence, a suspendu ses opérations, prétextant des réparations, sans préciser de date de reprise, aggravant une situation déjà désespérée.

Cette crise humanitaire n’est pas un accident. Le blocus, renforcé depuis des mois, a détruit les moyens de subsistance à Gaza – fermes, pêcheries, infrastructures – tandis que les bombardements continuent, tuant des civils dans des lieux censés être protégés, comme les hôpitaux. L’ONU, écartée au profit de la GHF, dénonce une stratégie délibérée, tandis que des voix discordantes, notamment sur X, s’interrogent : cette fondation serait-elle un outil pour contrôler l’aide plutôt que la distribuer équitablement ? Avec seulement sept convois livrés depuis son lancement, la GHF peine à justifier son rôle face à une population qui, selon des estimations humanitaires, voit ses réserves alimentaires s’épuiser. Pendant que les familles palestiniennes n’ont ni pain ni eau pour célébrer l’Aïd, le monde arabe fête l’Aïd en fanfare, un contraste cruel qui souligne l’indifférence face à une tragédie voisine.

Sous la pression internationale, l’entité israélienne a rouvert un filet d’aide, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : 115 camions par jour contre les 500 nécessaires, un « goutte-à-goutte » dénoncé comme insuffisant. Pendant que les familles palestiniennes luttent pour survivre, l’accent est mis sur la récupération d’otages, légitime pour certains, mais qui occulte le massacre en cours. Cette asymétrie soulève des questions : la vie des otages prime-t-elle sur celle des milliers d’enfants mourant de faim ? Gaza, aujourd’hui, n’est pas seulement un théâtre de guerre, mais un cri d’alarme ignoré. Sans une action décisive, cet Aïd pourrait être le dernier pour beaucoup.          Riad

 

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