La Guinée-Bissau a replongé mercredi 26 novembre dans un nouveau cycle de turbulences.
Des militaires ont annoncé avoir pris le « contrôle total du pays », suspendu le processus électoral et neutralisé les institutions, alors que la nation attendait encore les résultats des élections présidentielle et législatives organisées dimanche dernier.
Dans la matinée, des tirs nourris ont été entendus près du palais présidentiel, provoquant une vague de panique dans la capitale. Des soldats lourdement armés ont immédiatement bouclé la principale artère menant au palais, imposant de fait un basculement brutal dans un pays déjà fragilisé par un passé politique instable.
Depuis son indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a connu quatre coups d’État réussis et une multitude de tentatives avortées. Ce nouvel épisode s’inscrit dans une dynamique régionale inquiétante : Mali, Burkina Faso, Niger, Guinée-Conakry…l’Afrique de l’Ouest est secouée par une série de putschs depuis 2020, remettant en cause l’enracinement démocratique dans la région.
En début d’après-midi, le général « Denis N’Canha », chef de la maison militaire de la présidence, a officialisé la prise du pouvoir. Installé derrière une table, entouré de soldats armés, il a déclaré devant la presse que le « haut commandement pour la restauration de l’ordre », regroupant toutes les composantes de l’armée, assumait désormais « la direction du pays jusqu’à nouvel ordre ». Un message clair : les militaires entendent gouverner sans délai et sans partage.
Au-delà du choc politique, le pays reste confronté à une réalité sociale dramatique. Près de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, faisant de la Guinée-Bissau l’un des pays les plus démunis au monde. L’instabilité chronique a transformé ce petit État côtier en plaque tournante du trafic de drogue, reliant l’Amérique du Sud à l’Europe. Ce nouveau coup d’État pourrait encore aggraver une situation déjà explosive.

































