Inde vs Pakistan : la vérité perdue dans les airs

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Dans l’escalade des tensions entre l’Inde et le Pakistan, le ciel du Cachemire est devenu le théâtre d’une guerre où les faits s’effacent derrière un épais brouillard de propagande. Les récents affrontements aériens, déclenchés par l’attaque meurtrière du 22 avril 2025 au Cachemire indien, qui a coûté la vie à 26 personnes, ont ravivé une rivalité historique. Les raids de l’Indian Air Force, menés dans la nuit du 6 au 7 mai, visaient, selon New Delhi, des bastions terroristes, revendiquant la neutralisation de 70 cibles. Islamabad, de son côté, déplore la mort de 27 civils, dénonçant une agression indiscriminée. En riposte, l’artillerie pakistanaise a frappé deux villages indiens, tuant huit habitants. Puis, la guerre des communiqués a pris le relais, transformant les combats en un duel de récits où la vérité devient la première victime.

Les deux capitales rivalisent d’annonces spectaculaires : l’Inde affirme avoir abattu deux chasseurs pakistanais, tandis qu’Islamabad revendique la destruction de deux Rafale, un MiG-29, un Sukhoi Su-30MKI et un drone Heron israélien. Ce contraste est révélateur. Les déclarations indiennes restent vagues, évoquant des « monoplaces » sans précision, quand le Pakistan égrène une liste détaillée, presque ostentatoire, des appareils supposément détruits. Cette surenchère rhétorique trahit une volonté de galvaniser les opinions publiques nationales tout en discréditant l’adversaire.

Les faits, eux, sont plus sobres. Des deux côtés, des pertes sont confirmées : un JF-17 Thunder pakistanais et, pour la première fois, un Rafale EH indien, fleuron de Dassault Aviation, ont été abattus. Ce revers, historique pour l’appareil français, souligne la réalité brutale du conflit, loin des triomphalismes affichés. Mais au-delà des bilans, c’est la guerre informationnelle qui domine. Dans ce jeu de désinformation, où chaque camp gonfle ses succès et minimise ses échecs, la précision des pertes importe moins que l’impact psychologique sur les populations et la communauté internationale.

Cette surenchère propagandiste n’est pas nouvelle dans la rivalité indo-pakistanaise, mais elle atteint aujourd’hui un degré inquiétant, amplifiée par les réseaux sociaux et les médias. À l’heure où la région frôle l’embrasement, cette bataille des récits risque d’envenimer davantage un conflit déjà explosif. Seule une désescalade, appuyée par une transparence internationale, pourrait ramener la lumière sur les faits et apaiser les tensions. En attendant, la guerre des mots fait autant de ravages que celle des armes.                    Riad

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