Kadhafi renaît : un défi pour la Libye

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La Libye vacille sous le poids d’une annonce qui ravive les ombres du passé : Saïf al-Islam Kadhafi, fils de l’ancien dirigeant  Mouammar Kadhafi, proclame une victoire écrasante de ses partisans aux élections municipales, un deuxième triomphe consécutif revendiqué mardi soir sur son compte X.

« Par la grâce de Dieu Tout-Puissant, nous avons balayé, pour la deuxième fois consécutive, les résultats des élections municipales », a-t-il écrit, célébrant des succès dans les régions de Zaouïa, Bir al-Ghanam, Sabratha et Sorman, où le scrutin s’est tenu le 23 août. Ce retour fracassant d’un homme qui incarne l’image de l’ancien régime  n’est pas une simple résurgence : c’est un défi lancé à une nation divisée, où la légitimité et la transparence des urnes restent des mirages.

Cette victoire autoproclamée, si elle se confirme, illustre la résilience d’un héritage kadhafiste dans un pays encore hanté par les cicatrices de 2011. Soutenu par des poches de nostalgie dans l’ouest libyen, Saïf al-Islam capitalise sur le vide laissé par des institutions fragmentées et une instabilité chronique, exacerbée par des rivalités entre Tripoli et l’est sous Khalifa Haftar. Son retour politique, soulève des doutes : les élections, organisées dans un climat de tensions et de divisions, reflètent-elles une manipulation orchestrée ? Les urnes, censées unir, risquent d’approfondir le chaos, surtout après des scrutins précédents critiqués pour leur partialité.

Sur les réseaux sociaux, les réactions s’entrechoquent : certains saluent un « renouveau » – « Saïf redonne espoir ! » – tandis que d’autres dénoncent une « farce électorale ». Cette polarisation reflète une Libye à la croisée des chemins, où le soutien à Saïf al-Islam, perçu comme un défi aux ingérences étrangères, cohabite avec la peur d’un retour à l’autoritarisme. Les récentes élections municipales, bien que limitées à certaines zones, ont vu une participation notable, mais l’absence de consensus national et les accusations de fraude jettent un voile d’incertitude. Ce succès, s’il est validé, pourrait renforcer sa base, mais aussi attiser les braises d’un conflit déjà ardent.

Alors que la nuit enveloppe Tripoli, la victoire de Saïf al-Islam est un signal : la Libye doit choisir entre réconciliation et régression. Sans transparence et unité, ce scrutin risque de n’être qu’un nouveau chapitre d’une tragédie nationale. Riad

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