La Route Transsaharienne : Un Axe Révolutionnaire pour l’Afrique

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Après des décennies de travaux pharaoniques, le dernier tronçon algérien de la Route Transsaharienne, reliant Alger à Lagos sur près de 4 800 kilomètres, est sur le point d’être achevé. Ce corridor continental, pilier du réseau transafricain, connecte désormais six pays :- Algérie, Tunisie, Niger, Mali, Tchad -et Nigeria et s’apprête à redéfinir les équilibres économiques, sociaux et politiques du continent.

Considérée comme l’un des projets d’infrastructure les plus ambitieux du XXIe siècle en Afrique, cette autoroute positionne l’Algérie en « hub stratégique » des échanges transsahariens. En désenclavant des régions isolées, elle ouvre un accès direct aux marchés méditerranéens et européens pour les matières premières et produits subsahariens, tout « réduisant jusqu’à 40 % les coûts logistiques actuels », selon un rapport de la Banque africaine de développement (BAD).

Les économistes anticipent un « boom des échanges intra-africains », avec une croissance estimée à 20 % dans les dix premières années d’exploitation. Ce corridor va catalyser l’intégration économique de l’Afrique, un continent où moins de 15 % du commerce est interne aujourd’hui », souligne Dr Amina Keita, experte en développement régional.

L’impact de cette route dépasse largement le cadre commercial .  Des millions de personnes pourront circuler plus librement entre pays, favorisant les échanges éducatifs, sanitaires et familiaux.  Des zones comme le Tassili n’Ajjer (Algérie) ou l’Air (Niger), autrefois inaccessibles, deviendront des destinations phares. En intégrant des territoires marginalisés, la route réduit les risques de conflits liés à l’isolement et à la pauvreté.

Pour les populations locales, l’accès aux centres urbains et aux services essentiels (hôpitaux, universités) représente une transformation radicale des conditions de vie. « C’est une renaissance pour nos villages. Nos jeunes ne seront plus obligés de migrer pour étudier ou travailler », témoigne Ibrahim Ousmane, habitant d’Agadez (Niger).

Ce projet s’inscrit dans la vision de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, visant à interconnecter le continent par des corridors multimodaux. Avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), la Route Transsaharienne incarne une Afrique en marche vers son autosuffisance.

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