L’ancien ministre Tahar Khaoua condamné à 6 ans de prison pour corruption

0
292

Le tribunal pénal spécialisé dans les affaires de corruption financière et économique de Sidi M’hamed a condamné ce mardi l’ancien ministre chargé des relations avec le Parlement, Tahar Khaoua, à six ans de prison ferme et à une amende d’un million de dinars. Cette décision judiciaire intervient dans le cadre d’une affaire liée à l’attribution frauduleuse d’un parc de stationnement à Alger, évalué à plus de 600 millions de dinars.

Tahar Khaoua a été reconnu coupable d’« acceptation d’un avantage indu », d’« abus de fonction » et de « trafic d’influence ». Selon l’accusation, l’ancien ministre aurait facilité, en 2023, l’attribution d’un parking de la capitale à un homme d’affaires, B. Mohamed, en échange d’une somme colossale dépassant les 600 millions de dinars. Ce dernier, également mis en cause, a écopé de cinq ans de prison ferme et d’une amende identique.

Le procureur de la République avait initialement requis une peine de dix ans de prison et une amende d’un million de dinars contre Khaoua, jugé « au cœur d’un système de corruption ». Les juges ont finalement retenu une sentence moins sévère, tout en confirmant la culpabilité de l’ex-ministre.

Lors de son audition, Tahar Khaoua a catégoriquement nié les accusations. Il a affirmé que les échanges financiers incriminés concernaient la vente d’un appartement à Batna en 2013, transaction liée aux fils de B. Mohamed. Selon lui, ce bien immobilier, financé par un prêt de la banque Al Baraka à hauteur de 90 millions de dinars, aurait été vendu à Hicham Mohamed, l’un des fils de l’accusé. La moitié du montant aurait été réglée, le reste étant couvert par une reconnaissance de dette.

Ces explications n’ont pas convaincu le tribunal, qui a souligné les incohérences entre la chronologie des événements et les preuves matérielles, notamment des documents bancaires et des témoignages accablants.

Cette condamnation s’ajoute à un précédent verdict contre Tahar Khaoua. En novembre 2022, la chambre pénale de la cour d’Alger l’avait déjà condamné à 12 ans de prison ferme dans une autre affaire de corruption impliquant l’ancien wali de Batna, Mohamed Salamani. Ce dernier avait écopé de deux ans de prison pour son rôle dans un détournement de fonds publics.

L’enquête a démarré suite à une plainte déposée par B. M., un homme d’affaires. Ce dernier a accusé Tahar Khaoua de lui avoir promis l’attribution d’un parking pour y entreposer du matériel appartenant à son fils, entrepreneur. En contrepartie, l’ex-ministre aurait exigé des versements répétés, dépassant les 600 millions de dinars. Des écoutes téléphoniques et des transferts bancaires ont permis de confirmer ces allégations.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici