Le Maroc, cheval de Troie de Netanyahou ?  

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Les révélations sur le rôle du Maroc durant la Guerre des Six Jours (1967) ravivent un débat historique brûlant : Rabat a-t-elle sciemment affaibli les armées arabes au profit de l’entité israélienne ?

Basées sur les archives de l’historien israélien Yigal Bin-Nun et les témoignages d’anciens agents du Mossad, ces découvertes dessinent une coopération secrète troublante, mêlant realpolitik et trahison, qui continue d’alimenter les tensions au sein du monde arabe.

Dès 1963, sous Hassan II, des liens discrets s’établissent avec l’entité sioniste, incluant formation militaire, transferts technologiques et espionnage. En 1965, lors de la Conférence arabe de Casablanca, le Maroc autorise l’installation de dispositifs d’écoute par le Mossad, enregistrant les discours des leaders arabes pour justifier les préparatifs israéliens. En juin 1967, l’envoi de troupes marocaines en Égypte, bloquées en Libye sans jamais rejoindre le front, suscite des soupçons : ce déploiement, qualifié de théâtral, aurait pu masquer une stratégie de sabotage de l’effort de guerre arabe, protégeant ainsi le régime de Hassan II face à la menace panarabe de Nasser. Si l’impact exact reste débattu, ces faits révèlent une fracture profonde, où les intérêts dynastiques l’emportaient sur la solidarité affichée.

Ces révélations s’inscrivent dans un contexte plus large de rivalités régionales. Opposé au panarabisme nassérien, Hassan II a privilégié une alliance avec  l’entité israélienne, un choix dicté par la survie de sa monarchie face aux vents révolutionnaires. Cette stratégie, bien que controversée, a jeté les bases d’une continuité stratégique, observable aujourd’hui. La normalisation officielle avec Israël en décembre 2020, scellée par la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, n’est pas une rupture, mais l’aboutissement d’une relation cultivée dans l’ombre. Face aux défis sécuritaires – montée du djihadisme au Sahel – et aux promesses économiques – investissements israéliens –, Rabat a formalisé ce partenariat, tout en maintenant un rôle de médiateur pour la cause palestinienne, un équilibre diplomatique fragile. Une trahison historique !

Le Maroc, en assumant son rôle de pont entre  l’entité israélienne et le monde arabe, risque de s’isoler, tandis que l’Algérie et d’autres nations pourraient durcir leur position. Sans réconciliation historique, cette fracture risque de perdurer, alimentant un cycle de méfiance au cœur du monde arabe.  Riad

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