Le monde est-il prêt pour la prochaine pandémie ?

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Il y a cinq ans, l’apparition du Covid-19 bouleversait le monde, causant des millions de morts et un traumatisme mondial. Aujourd’hui, alors que les séquelles du virus persistant, une question cruciale se pose : le monde est-il prêt pour la prochaine pandémie?

Depuis 2020, le monde a tiré de nombreuses leçons. Des avancées significatives ont été réalisées, notamment dans le développement rapide des vaccins à ARNm, envisagé comme une révolution pour répondre à de futures crises sanitaires. Des initiatives comme le Fonds de lutte contre les pandémies de la Banque mondiale et la création de centres de prévention en Afrique du Sud et en Corée du Sud témoignent d’une volonté de renforcer les défenses mondiales. Cependant, des failles majeures subsistent. Les inégalités dans l’accès aux outils de lutte, comme les vaccins et les traitements, restent criantes. La désinformation, omniprésente, risque de ralentir l’acceptation de nouvelles solutions. Et surtout, l’épidémiologiste Maria Van Kerkhove l’admet : « Le monde n’est pas prêt. »

Les scientifiques sont unanimes : une nouvelle pandémie est inévitable. La question n’est pas « si », mais « quand ». Parmi les menaces les plus surveillées figurent les zoonoses, les maladies transmissibles des animaux à l’homme, exacerbées par la déforestation et le contact croissant avec la faune sauvage. La grippe aviaire H5N1 est particulièrement inquiétante. Si, pour l’instant, le virus ne se transmet pas entre humains, sa forte circulation chez les animaux augmente le risque d’une mutation qui pourrait provoquer une crise mondiale.

En 2023, l’OMS a levé l’alerte maximale limitée au Covid-19, marquant spécifiquement la fin de la pandémie. Pourtant, le virus continue de circuler et de tuer, bien qu’à une échelle moindre. Beaucoup veulent tourner la page, refoulant le traumatisme collectif. Mais ce désir d’oubli pourrait s’avérer dangereux. Les experts appelant à une vigilance s’accumulent. Le Covid-19 a démontré que la rapidité de détection, de communication et de réponse est cruciale. Des accords internationaux sont en cours d’élaboration pour améliorer la gestion des futures pandémies, mais leur mise en œuvre reste lente et controversée.

L’heure n’est ni à l’optimisme aveugle, ni au fatalisme. Si les systèmes de santé ont progressé, si les populations ont été informées des gestes de protection, des efforts colossaux restent à fournir pour éviter de reproduire les erreurs du passé.

La prochaine pandémie, qu’elle soit provoquée par un virus émergent ou une mutation d’un pathogène connu, testera notre résilience. Pour être prêts, il faudra plus qu’une simple leçon, une réelle volonté politique, un partage équitable des ressources et une sensibilisation collective. En 2025, le monde a encore du chemin à parcourir. Mais cette fois, il sait à quoi il doit se préparer. La balle est dans notre camp.

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