Pourquoi Donald Trump a-t-il soudainement déclaré que la guerre contre l’Iran était « terminée », alors même que le régime iranien demeure intact et que les tensions militaires persistent dans toute la région ?
À première vue, l’annonce ressemble à une victoire diplomatique. Mais en réalité, elle s’apparente davantage à un « gel stratégique qu’à une véritable fin de conflit ». Depuis des décennies, la stratégie américaine au Moyen-Orient repose moins sur la résolution des crises que sur leur gestion permanente. Washington ne détruit pas toujours ses adversaires ; il préfère souvent les maintenir dans un état de menace contrôlée. Dans ce schéma, l’Iran joue un rôle central.
Un ennemi totalement éliminé ne justifie plus les gigantesques budgets militaires ni les contrats d’armement colossaux. Or, la perception d’une menace permanente garantit la poursuite des commandes de systèmes de défense sophistiqués, tels que les missiles Patriot ou THAAD, par les monarchies du Golfe. Dans cette logique, l’ennemi devient paradoxalement « une source de profits et un levier stratégique ».
Donald Trump, homme d’affaires avant d’être homme d’État, comprend parfaitement cette mécanique. Mettre fin définitivement à la crise iranienne signifierait, pour les États-Unis, voir les pays de la région développer progressivement leur propre autonomie sécuritaire. Ce serait aussi réduire la dépendance stratégique qui lie les États du Golfe à Washington.
Mais l’enjeu dépasse la seule économie de l’armement. Derrière la gestion de la crise iranienne se cache un objectif géopolitique majeur : « contenir l’influence grandissante de la Chine au Moyen-Orient ». Dans un contexte de rivalité mondiale, Washington redoute que ses alliés du Golfe se tournent davantage vers Pékin, notamment dans le domaine énergétique et financier.
Maintenir une tension permanente avec l’Iran constitue ainsi un moyen de garder la région sous l’ombrelle sécuritaire américaine. Une région stable pourrait être tentée de diversifier ses partenariats, voire de remettre en question l’ordre du pétrodollar au profit d’autres monnaies, notamment le yuan chinois.
À cela s’ajoute une réalité militaire : une confrontation totale avec l’Iran aurait un coût immense. Les attaques contre certaines bases américaines dans la région, la pression exercée sur les systèmes de défense aérienne et la menace sur les voies maritimes énergétiques, notamment dans le détroit d’Ormuz, rappellent que « la guerre ouverte serait risquée et coûteuse pour toutes les parties ».
Dans ce contexte, proclamer une « fin de guerre » permet à Washington de sauver la face tout en évitant un conflit d’usure qu’il ne souhaite pas prolonger. La stratégie devient alors claire : maintenir une crise permanente sans basculer dans une confrontation totale.
Parallèlement, un élément intrigue les observateurs : la récente révélation d’un long entretien téléphonique entre Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine, soulève une question majeure : « Washington cherche-t-il l’appui ou la médiation de Moscou pour stabiliser la crise iranienne ?
- Par Belkacem






























