On les pense étrangers à ce monde numérique en perpétuel mouvement, parfois même réfractaires. Pourtant, les seniors, ces gardiens d’un temps où la communication passait encore par la plume ou le téléphone fixe, ont eux aussi été heureux par la révolution des réseaux sociaux. L’image du grand-parent plongé dans un livre ou dans des activités traditionnelles s’efface peu à peu, remplacée par celle d’un aîné rivé à son écran, en quête de nouvelles notifications.
Si l’irruption des réseaux sociaux dans la vie des seniors peut paraître anodine, elle pose des questions de fond. Certes, pour beaucoup d’entre eux, ces plateformes représentent une fenêtre ouverte sur le monde, un lien précieux avec des proches parfois éloignés, et une opportunité de partager leurs pensées ou souvenirs. Mais il arrive que l’usage modéré vire à l’obsession. Les heures s’enchaînent devant les fils d’actualité, les vidéos à la chaîne et les groupes de discussion, souvent au détriment d’autres activités enrichissantes ou même de la vie sociale réelle.
Ce phénomène soulève des préoccupations spécifiques : les seniors, parfois peu aguerris aux codes et aux pièges d’Internet, deviennent des cibles faciles pour les fausses informations, les arnaques et les discours de haine. Plus inquiétant encore, cette dépendance numérique peut accentuer leur isolement, une problématique déjà cruciale pour cette tranche d’âge. Ironie du sort : les outils censés rapprocher finissent parfois par éloigner encore plus du réel.
Pourtant, tout n’est pas sombre. Les réseaux sociaux, bien utilisés, peuvent véritablement enrichir la vie des aînés, leur offrir un espace d’expression et nourrir leur curiosité intellectuelle. La clé réside dans l’accompagnement : sensibiliser, former et surtout encourager un usage équilibré. À une époque où tout le monde semble courir après le temps, les seniors pourraient devenir les meilleurs ambassadeurs d’une consommation numérique plus réfléchie.
Au-delà des clichés et des inquiétudes, cette « digitalisation » des aînés est une preuve que la curiosité n’a pas d’âge. Mais il nous revient, en tant que société, de veiller à ce que cette curiosité ne se transforme pas en dépendance. Après tout, les écrans ne remplaceront jamais les vraies rencontres, ni la chaleur d’une conversation en face à face.






























