Le fils de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, « Saïf al-Islam Kadhafi »a été assassiné mardi soir dans l’ouest de la Libye, a annoncé son entourage politique, plongeant à nouveau le pays dans une période d’incertitude.
Selon son conseiller politique, Abdullah Othman Abdurrahim, Saïf al-Islam, âgé de 53 ans, a été tué par un groupe de quatre hommes armés qui ont pris d’assaut sa résidence à Zintan après avoir neutralisé les caméras de surveillance. La fusillade mortelle s’est produite dans un contexte encore flou, sans revendication immédiate ni revendication claire des responsables.
Les autorités libyennes n’ont pas encore publié de communiqué officiel, et l’enquête sur les circonstances exactes de l’attaque est en cours, tandis que plusieurs factions armées présentes dans l’ouest du pays ont nié toute implication.
Saïf al-Islam était longtemps considéré comme l’un des fils les plus en vue de Mouammar Kadhafi, souvent présenté comme possible successeur du colonel avant le soulèvement de 2011. Après la chute du régime et la mort de son père, il avait été capturé puis détenu dans la région de Zintan avant d’être libéré en 2017 dans le cadre d’une amnistie.
Se redéfinissant progressivement comme un acteur politique, il avait tenté de se présenter à plusieurs reprises à la présidence libyenne, notamment lors de la campagne électorale manquée de 2021, mais ses ambitions avaient été entravées par l’instabilité politique persistante du pays.
La Libye, en proie à plus d’une décennie de divisions politiques et de luttes armées entre gouvernements rivaux et milices locales, risque de voir cet assassinat exacerber les tensions. Les appels à l’unité nationale et au dialogue politique avaient récemment repris de l’ampleur dans l’optique d’élections présidentielles prévues au printemps 2026 ; la mort de Saïf al-Islam pourrait compliquer davantage ce fragile équilibre.
Saïf al-Islam avait été condamné à mort en 2015 par un tribunal libyen en l’absence, pour son rôle dans la répression de la révolution de 2011, et il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Malgré cela, il avait aussi cherché à redorer son image sur la scène politique libyenne et internationale au cours de la dernière décennie.
Son décès marque une nouvelle page tragique de l’histoire libyenne, alors que la nation continue de lutter pour la paix, la stabilité et un processus démocratique crédible après plus de dix ans de crise.
































