Logements: Loyers ‘’explosifs’’, l’urgence à Mostaganem

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Mostaganem suffoque sous une crise immobilière sans précédent, transformant la quête d’un logement en un calvaire insoutenable. Louer un appartement dans cette ville côtière est devenu un parcours semé d’embûches, où les locataires se retrouvent pris au piège de loyers exorbitants, de pratiques abusives et d’un vide réglementaire alarmant. Face à ce marché immobilier sauvage, une question lancinante émerge : jusqu’à quand les citoyens devront-ils endurer ce chaos qui menace leur stabilité ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un modeste F3 peut atteindre entre 30 000 et 50 000 dinars algériens par mois, selon l’emplacement et le quartier, mais ce n’est qu’un aperçu du problème. Les propriétaires exigent souvent une avance annuelle, soit 360 000 à 600 000 dinars – une fortune pour les familles modestes. S’ajoutent à cela des frais notariés oscillant entre 10 000 et 20 000 dinars, d’après des témoignages relayés sur X, ainsi que les dettes laissées par d’anciens locataires – électricité, eau, téléphone – que le nouvel occupant doit assumer. Une fois installés, certains se retrouvent à vivre à côté de nuisances insupportables : dealers, ateliers de mécanique ou de soudure, rendant le quotidien intenable. À l’expiration du bail, le dilemme est cruel : accepter une hausse de loyer ou affronter un déménagement forcé.

Ce calvaire est amplifié par une injustice criante : de nombreux propriétaires sont des bénéficiaires de logements sociaux (LPA, AADL), initialement subventionnés par l’État pour les plus démunis, qu’ils sous-louent à des prix indécents. Cette pratique, qualifiée de « business immoral » sur les réseaux sociaux, prospère dans l’ombre : loyers non déclarés, non imposables, échappant à toute fiscalité. Les locataires, eux, subissent une instabilité permanente, à la merci de propriétaires qui agissent en seigneurs intouchables. Des familles entières sont contraintes de déménager tous les deux ou trois ans, incapables de suivre les augmentations ou chassées sans préavis. Sur les réseaux sociaux, les récits affluent : « J’ai versé 400 000 dinars d’avance et on m’a expulsé après un an pour 5 000 dinars de plus », déplore un habitant, tandis qu’un autre se lamente : « Mon appartement est en ruine, mais le propriétaire s’en moque tant qu’il encaisse. »

Cette anarchie n’est pas une fatalité. L’absence de régulation – absence de plafonds de loyers, de contrôle des avances, de sanctions contre les abus – aggrave la situation. Une intervention d’urgence s’impose : instaurer une loi pour encadrer les loyers, exiger la déclaration fiscale des revenus locatifs, et protéger les locataires des pratiques déloyales. L’État, qui a investi des milliards dans les programmes de logements sociaux, doit également sévir contre ceux qui détournent ces aides pour s’enrichir. Chaque contrat abusif brise des vies, déracine des familles et érode le rêve d’une stabilité durable, appelant à une action décisive pour restaurer la justice à Mostaganem.  Riad

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