Mali : Le Maroc attise la crise avec Alger (Vidéo)

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Le 8 avril 2025, un incident aussi inattendu que révélateur a secoué Bamako. Lors d’une manifestation pro-junte devant l’ambassade d’Algérie, des diplomates marocains auraient été aperçus, provoquant l’ire du gouvernement malien en exil. Dans une déclaration cinglante, le représentant  de ce gouvernement parallèle, Adaman Touré, a dénoncé une « ingérence » caractérisée, accusant Rabat de s’immiscer dans les affaires maliennes au profit de la junte d’Assimi Goïta. Cet épisode, en apparence anecdotique, est une étincelle dans une poudrière régionale déjà sous haute tension.

L’apparition de diplomates marocains dans ce décor est un coup de théâtre. Le Maroc, qui n’a jamais caché son ambition de renforcer son influence au Sahel, semble avoir saisi une opportunité pour marquer des points contre l’Algérie, son rival de longue date. Les deux pays, divisés par le conflit du Sahara occidental, se livrent une guerre froide diplomatique où chaque faux pas est exploité .En soutenant tacitement la junte malienne, Rabat  cherche à affaiblir l’influence de l’Algérie dans le Sahel et au Mali. Mais cette présence marocaine à une manifestation pro-junte, est une maladresse autant qu’une provocation. Elle donne du grain à moudre au gouvernement malien en exil, qui y voit la preuve d’une tentative de déstabilisation régionale orchestrée par des acteurs extérieurs.

Adaman Touré, depuis son exil, n’a pas manqué de saisir cette aubaine pour dénoncer une « ingérence intolérable ». En pointant du doigt le Maroc, le gouvernement parallèle, formé par des opposants à la junte et soutenu par une partie de la diaspora malienne,  tente d’alerter  l’opinion international  sur l’influence croissante d’acteurs étrangers dans la crise malienne.

Cet incident met en lumière une vérité inconfortable : le Mali est devenue un terrain de jeu pour des rivalités qui le dépassent. Entre l’Algérie, garante d’une stabilité régionale vacillante, le Maroc, en quête d’un rôle de puissance au Sahel et une junte malienne qui s’accroche au pouvoir en s’appuyant sur des partenaires opportunistes, le peuple malien reste le grand perdant. La question demeure : combien de temps le Sahel pourra-t-il supporter ces jeux de pouvoir avant que la poudrière n’explose ? Pour l’heure, l’incident du 8 avril nous rappelle que, dans cette région fracturée, même une manifestation peut devenir le théâtre d’un affrontement géopolitique.    Riad

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