Modernisation de la filière bovine : un enjeu clé

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La filière des viandes rouges fait face à des défis complexes, souvent amplifiés par des facteurs environnementaux et économiques. Parmi eux, la rareté croissante des ressources hydriques due au manque de pluviométrie, l’augmentation du coût des fourrages, ainsi que la dégradation des pâturages sous l’effet de la surexploitation et du changement climatique. Ces contraintes structurelles pèsent lourdement sur les éleveurs, mettant en péril leur productivité et leurs conditions de travail.

Mohamed Yazid Hambali, président de la Chambre nationale de l’agriculture, a tracé les grandes lignes d’un chantier ambitieux. Pour lui, le développement d’un marché de gros des viandes rouges, structuré et conforme aux normes internationales, représente un levier stratégique pour transformer durablement ce secteur.Pour pallier ces difficultés, des mesures concrètes doivent être mises en œuvre. Fournir des points d’eau, rapprocher des infrastructures vétérinaires et des laboratoires d’analyses des zones d’élevage, ou encore garantir l’accès aux médicaments nécessaires, constituent des priorités immédiates. Ces actions, pourraient marquer un tournant dans l’amélioration des conditions de travail des éleveurs et, par ricochet, dans l’augmentation de la production nationale. Au-delà des problématiques liées à la production, la question de la régulation du marché est cruciale. Pour Mohamed Yazid Hambali, la création d’un marché de gros des viandes rouges, aligné sur des standards internationaux, est une étape décisive pour stabiliser les prix, les rendre plus accessibles pour les consommateurs.

La modernisation de la filière ne peut se faire sans un investissement massif dans les nouvelles technologies et les techniques d’élevage modernes. L’amélioration des races locales, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour analyser les données de production figurent parmi les priorités. La formation continue des éleveurs en matière de gestion de troupeaux et de valorisation de la viande et l’utilisation de l’énergie solaire pour économiser l’eau, pourrait s’avérer un atout majeur pour moderniser le secteur agricole.

La loi de finances 2025 illustre une avancée pratique importante dans cette stratégie globale. En exonérant les importations de viandes rouges et blanches des droits de douane, cette mesure vise à alléger le coût pour les consommateurs et à renforcer la stabilité du marché local. Se contenter d’importer davantage ne résoudra pas les problèmes structurels du secteur : c’est en investissant dans les infrastructures, la technologie et les ressources humaines que l’Algérie pourra réellement bâtir une filière résiliente.

Le développement d’un marché de gros des viandes rouges n’est pas seulement une réponse à des problématiques économiques immédiates. C’est une pièce maîtresse d’un projet plus large visant à renforcer la souveraineté alimentaire de l’Algérie. En modernisant ses infrastructures, en adoptant des techniques d’élevage modernes et en soutenant les éleveurs, le pays se donne les moyens d’assurer à long terme une production durable et de qualité, capable de répondre aux besoins croissants de la population. Riad

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