À Mostaganem, la bibliothèque de la Mosquée El-Badr est un édifice qui raconte une histoire riche et complexe, où se mêlent les héritages culturels et religieux. Récemment, une question a émergé autour de la durabilité des nouvelles décorations portant le nom d’Allah, apposées sur ce bâtiment emblématique. Ces ornements, récents et chargés de symbolisme, suscitent des interrogations quant à leur capacité à résister aux épreuves du temps, surtout lorsqu’on les compare aux décorations chrétiennes qui ont orné le même édifice depuis plus d’un siècle.
Ces dernières, témoins silencieuses de l’histoire, ont bravé les intempéries avec une résilience remarquable. Pluies diluviennes, grêles cinglantes, neiges hivernales et vents violents n’ont pas entamé leur éclat. Elles semblent presque défier le temps, rappelant que cet édifice a traversé les époques en portant les marques de différentes influences culturelles et religieuses. Ces décorations chrétiennes, bien qu’ancrées dans un passé lointain, continuent de coexister avec les symboles islamiques plus récents, offrant une image tangible de la diversité et de la richesse historique de Mostaganem. Mais qu’en est-il des nouvelles décorations islamiques ? Resteront-elles aussi intactes face aux assauts du climat et du temps ? Cette question n’est pas seulement technique ; elle revêt une dimension symbolique. Les décorations portant le nom d’Allah sont bien plus que de simples éléments architecturaux. Elles incarnent une identité, une spiritualité et une fierté collective. Leur durabilité sera-t-elle à la hauteur de leur signification ? Les défis sont nombreux. Les matériaux utilisés aujourd’hui sont-ils aussi robustes que ceux d’autrefois ? Les techniques de construction modernes peuvent-elles rivaliser avec le savoir-faire ancestral qui a permis aux décorations chrétiennes de traverser les siècles ? Ces questions soulignent l’importance de préserver non seulement les symboles religieux, mais aussi les méthodes et les matériaux qui garantissent leur pérennité. Au-delà de l’aspect technique, cette situation invite à une réflexion plus profonde sur la coexistence et le dialogue interreligieux. La Mosquée El-Badr, avec ses décorations chrétiennes et islamiques, est un microcosme de la diversité algérienne. Elle rappelle que les héritages culturels et religieux, bien que distincts, peuvent coexister harmonieusement, enrichissant ainsi le tissu social et historique d’une communauté. En fin de compte, la durabilité des décorations islamiques ne sera pas seulement une question de résistance aux intempéries, mais aussi un test pour notre capacité à préserver et à honorer les multiples facettes de notre patrimoine. Si elles parviennent à résister comme les décorations chrétiennes, elles deviendront un symbole supplémentaire de la résilience et de la coexistence pacifique. Sinon, elles nous rappelleront que la préservation de notre héritage est un défi permanent, qui nécessite attention, soin et respect. Charef Slamani






























