Netanyahu-Trump : Le Pacte de l’Ombre

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L’alliance entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump franchit aujourd’hui une nouvelle étape, dévoilant une mécanique géopolitique où les armes et les calculs économiques étouffent toute velléité de justice. Dans une vidéo récente, le Premier ministre israélien, dont la politique répressive envers les Palestiniens suscite l’indignation internationale, a salué avec emphase le « soutien historique » de l’ancien président américain. Ce dernier a en effet débloqué des livraisons d’armes, dont des bombes de 900 kilos, ces engins de destruction massive qui ont réduit Gaza en champ de ruines. Un remerciement qui en dit long sur l’éthique évanouie de deux dirigeants unis par un même mépris des vies civiles.

Dès son arrivée à la Maison Blanche en 2017, Donald Trump a démantelé avec zèle les fragiles garde-fous érigés par l’administration Obama, puis ignorés par Biden. Sanctions levées contre les colons illégaux de Cisjordanie, financements militaires restaurés, reconnaissance de Jérusalem comme capitale : chaque décision a nourri l’impunité d’Israël. Les bombes aujourd’hui larguées sur Gaza, responsables de milliers de morts, portent ainsi une étiquette « Made in USA », cadeau empoisonné d’une amitié sans limites.

Netanyahu, stratège avisé des relations médiatiques, ne s’y trompe pas : en glorifiant Trump, il consolide un partenariat où le droit international se dissout dans les intérêts nationalistes. Le silence complice de Washington face à l’expansion des colonies et aux exactions des colons illustre cette collusion, transformant l’Autorité palestinienne en spectateur impuissant d’un apartheid qui s’étend.

Dans cette partie d’échecs géopolitique, l’Arabie Saoudite apparaît en marionnettiste opportuniste. Les 600 milliards de dollars promis aux États-Unis ne sont pas un simple investissement : c’est le prix d’une caution morale. En récompensant Trump pour son alignement sur Israël, Riyad achète une respectabilité tout en verrouillant son influence sur une administration susceptible de revenir au pouvoir. Une transaction cynique, où l’argent blanchit des politiques qui fracturent le Moyen-Orient.

Derrière les poignées de main et les sourires échangés se cache une réalité sombre : chaque bombe livrée, chaque colonie illégale soutenue, creuse le tombeau d’une solution à deux États. L’administration Trump, en instrumentalisant le conflit israélo-palestinien pour des gains électoraux et économiques, a institutionnalisé la violence comme outil diplomatique.

Quel héritage laisse ce duo ? Des villes en cendres, des droits bafoués, et un précédent dangereux où les démocraties monnayent leur âme au profit de dirigeants autoritaires. La communauté internationale, engourdie par ses propres compromissions, se contente trop souvent de constats d’horreur. Mais l’histoire jugera : peut-on vraiment parler de paix lorsque celle-ci est imposée par la terreur et achetée par des milliards ?

En attendant, Gaza pleure, Netanyahu triomphe, et Trump prépare son retour. Le cycle infernal continue.

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