Un nouveau chapitre s’écrit dans l’histoire des relations entre Israël et les Émirats arabes unis. Le 18 avril 2025, l’ambassadeur israélien à Abou Dhabi, Yossi Shelley, a annoncé sur X la ratification d’un accord économique stratégique entre Tel Aviv et la capitale émiratie. Ce pacte, axé sur la coopération et l’assistance mutuelle en matière douanière, promet de doper les échanges bilatéraux et de sceller une collaboration durable.
Depuis la normalisation des relations en 2020 via les Accords d’Abraham, Israël et les Émirats n’ont cessé de tisser des liens étroits, défiant les lignes de fracture traditionnelles du Moyen-Orient. Ce rapprochement, initialement perçu comme une audace diplomatique, s’est transformé en une alliance concrète, portée par des intérêts communs dans les secteurs commercial, technologique, énergétique et sécuritaire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon le ministère israélien de l’Économie, le commerce bilatéral a dépassé les 2,5 milliards de dollars en 2024, contre à peine 150 millions avant la normalisation. Un jalon clé de cette dynamique fut l’accord de partenariat économique global, entré en vigueur en 2023, qui couvre 96 % des lignes tarifaires douanières et 99 % de la valeur des échanges, ouvrant un accès quasi total aux marchés des deux nations.
Sur le plan géopolitique, cet accord illustre la recomposition des alliances au Moyen-Orient. Les Émirats, en quête d’autonomie stratégique face à l’Arabie saoudite et d’un rôle de pivot régional, trouvent en Israël un partenaire pragmatique, capable de contrebalancer les influences iranienne et turque. Mais ce partenariat, aussi fructueux soit-il, reste fragile. La question palestinienne, bien que reléguée au second plan par Abou Dhabi, demeure un point de crispation pour une partie de l’opinion publique arabe, qui perçoit cette normalisation comme une trahison.
Israël et les Émirats semblent déterminés à faire de leur alliance un modèle de coopération régionale. Mais dans une région aussi volatile, où les équilibres se font et se défont au gré des crises, la durabilité de cette entente dépendra de leur capacité à naviguer entre intérêts économiques et impératifs politiques. Une chose est sûre : ce nouvel accord douanier n’est pas qu’une formalité administrative ; il est le signe d’un Moyen-Orient en pleine mutation, où les anciennes lignes rouges s’effacent pour laisser place à des alliances inattendues.






























