Pétrole : l’Algérie relève le défi de l’offre mondiale

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Avec 913 000 barils/jour extraits en février 2025, l’Algérie affiche sa plus forte production pétrolière depuis décembre 2023. Une augmentation modeste (+9 000 barils/jour). Elle dépasse pour la première fois le plafond de 908 000 barils/jour** fixé par les accords OPEP+. Un paradoxe dans un contexte où le cartel tente de juguler l’offre pour soutenir les cours. Faut-il y voir une stratégie assumée ou un ajustement temporaire ?

Les projections sont claires : l’Algérie vise « 934 000 barils/jour » d’ici fin 2025. Un objectif ambitieux, porté par des investissements récents dans les champs matures et les partenariats étrangers. Mais cette course à la production interroge. Dans un marché mondialisé où l’OPEP+ maintient une réduction de 2 millions de barils/jour jusqu’en 2026, Alger joue-t-elle les trouble-fêtes ? La réponse est nuancée. Car si l’Algérie outrepasse ses quotas, elle n’est pas seule : l’Arabie saoudite (8,95 millions), l’Irak (4 millions) ou l’Iran (3,3 millions) ont aussi accru leur production en février.

Derrière ces chiffres se cache une réalité complexe. L’OPEP+ produit désormais « 41,01 millions de barils/jour », une hausse globale tirée par les besoins post-crise énergétique. Mais cette dynamique est à double tranchant. D’un côté, les pays membres cherchent à capitaliser sur des prix encore élevés. De l’autre, ils risquent de saturer un marché déjà volatile, où la demande européenne et asiatique fluctue au gré des transitions vertes. La baisse russe (-0,5%) et mexicaine (-0,3%), minimes mais révélatrices, rappellent que tous les acteurs ne misent pas sur la quantité.

Pour Alger, l’enjeu est triple. « Économique » d’abord : le pétrole représente 90% des exportations. « Stratégique »  ensuite : renforcer sa position dans l’OPEP+ face à la concurrence africaine (Nigeria, Angola). « Écologique » enfin : comment concilier hausse de production et engagements climatiques ? Le pays, qui mise aussi sur l’hydrogène vert et le solaire, devra trancher. Car si le pétrole reste un levier de puissance, il ne peut être un horizon indépassable.

La progression algérienne est une bonne nouvelle. Dans un monde où l’or noir perdra inéluctablement de sa superbe, l’Algérie gagnerait à convertir cette embellie en tremplin pour diversifier son économie.  Riad

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