Sahara occidental : 50 ans de pillage

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Cinquante ans après la « Marche verte » du 6 novembre 1975, qui scella l’occupation du Sahara occidental, le pillage se poursuit, implacable et méthodique, sous le regard complice d’une communauté internationale muette.

  • Par Belkacem

Les discours évoluent, les alliances se redessinent – de Paris à Washington, en passant par Tel-Aviv –, mais la réalité sahraouie demeure inchangée : un peuple spolié, un territoire exploité, et un droit international bafoué. Reconnu par l’ONU comme un territoire non autonome distinct du Maroc, le Sahara occidental n’en est pas moins soumis à une emprise économique et militaire marocaine, soutenue par des puissances qui préfèrent le profit à la justice.

Malgré les arrêts répétés de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) – en 2016, 2018 et 2021 –, invalidant tout accord commercial incluant le territoire sans le consentement exprès du peuple sahraoui, Bruxelles ferme les yeux. L’UE signe des pactes avec Rabat, intégrant phosphates, poissons, tomates et énergie éolienne sous labels marocains, comme si la colonisation pouvait se travestir en partenariat. Ce double discours est indécent : les produits sahraouis traversent la Méditerranée, tandis que des entreprises françaises (Engie), espagnoles (Siemens Gamesa), israéliennes ou américaines participent à cette exploitation, cyniquement qualifiée de « développement durable ». Le vent des éoliennes ne souffle pas la liberté ; il alimente la dépendance et l’occupation.

À Guerguerat, surnommé le « couloir du pillage », des convois marocains franchissent quotidiennement une frontière illégale, sous protection militaire. C’est là, en novembre 2020, que des militantes sahraouies comme Minatu Ljatat ont tenté d’interrompre pacifiquement cette artère de la spoliation. Leur courage a été réprimé par la force, brisant le cessez-le-feu et relançant les hostilités avec le Front Polisario. À 02:15 AM CET, cette répression marque un tournant : la jeunesse sahraouie, lasse d’attendre un référendum promis par l’ONU depuis 1991, parle désormais le langage du désespoir – celui de la reprise des armes.

L’affaire sahraouie transcende le conflit territorial ; elle est une plaie ouverte dans la conscience arabe et africaine. Que vaut la promesse d’autodétermination, 34 ans après sa proclamation ? Le plan d’autonomie marocain, soutenu par Paris, Madrid et Washington, n’est qu’un habillage diplomatique d’une occupation que personne n’ose nommer. Pendant ce temps, les camps de Tindouf abritent des générations nées sans patrie, mais animées d’une dignité indéfectible. Cinquante ans de pillage, c’est aussi cinquante ans de promesses trahies.

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