Smartphones contre délinquance

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En Algérie, les réseaux sociaux et les téléphones portables ne sont plus de simples outils de communication ou de divertissement. Ils se transforment, chaque jour davantage, en armes redoutables contre la délinquance, l’incivisme et la violence qui rongent l’espace public.

À défaut d’une surveillance généralisée par les caméras, ce sont désormais les citoyens qui filment, dénoncent et exposent – souvent au péril de leur sécurité – les actes répréhensibles qu’ils croisent sur leur chemin. Il suffit d’un coup d’œil aux communiqués quotidiens de la police ou de la gendarmerie nationale pour s’en convaincre. La phrase « suite à la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux… » revient avec insistance, annonçant l’arrestation d’individus filmés en flagrant délit. De simples images prises à la volée se révèlent être des preuves accablantes, des signaux d’alerte et parfois même le point de départ d’enquêtes judiciaires.

L’exemple le plus marquant est sans doute celui de l’agression d’un sexagénaire à Aïn Fakroun. Deux jeunes délinquants, pensant opérer dans l’impunité, ont violemment attaqué un retraité pour lui voler sa sacoche. Mais une passante filmait. Quelques heures plus tard, les auteurs étaient arrêtés. Et quelques jours plus tard, condamnés à 15 ans de prison ferme. Une sévérité judiciaire saluée par une opinion publique lassée de voir la violence se banaliser.

D’Alger à Tipaza, en passant par Oum El Bouaghi ou Bouira, les cas se multiplient. Des jeunes femmes traînées par terre, des retraités poignardés, des ambulances bloquées en pleine urgence… autant de scènes choquantes captées par des téléphones devenus les yeux de la société. À la clé : des arrestations rapides, une justice réactive et surtout, un sursaut collectif face à une violence ordinaire qui ne dit pas son nom.

Mais la vigilance ne vient pas uniquement des témoins. Parfois, les délinquants eux-mêmes participent à leur propre chute, par bêtise ou par goût malsain du buzz. L’exemple surréaliste d’une infirmière à El Harrach ayant filmé la préparation du corps d’un défunt pour la publier sur TikTok illustre une dérive inquiétante du numérique, où l’éthique professionnelle s’efface devant la quête de visibilité. Là encore, la justice a tranché avec fermeté.

Certes, cette dynamique soulève des questions : quid de la vie privée ? Jusqu’où aller dans la dénonciation filmée ? Et que faire des risques de dérapage ou de mise en scène ? Mais, ces vidéos spontanées viennent répondre à un besoin urgent : celui de justice, de protection et de responsabilisation collective. Riad

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