Depuis le lancement des frappes militaires américano-israéliennes le 28 février 2026, la couverture médiatique dominante a souvent repris sans distance la rhétorique des pouvoirs en présence, sans analyse critique, ni mise en perspective historique ou géopolitique.
De nombreux médias ont relayé les éléments de langage des États-Unis et d’Israël, en expliquant ces frappes comme un acte de « libération » ou de « défense des libertés ». Cette même logique narrative avait déjà servi lors d’autres interventions militaires occidentales — en Irak en 2003, ou plus récemment au Venezuela début 2026 — où les objectifs proclamés n’ont pas toujours correspondu aux résultats ou aux intérêts réels en jeu.
Le risque principal de ce type de couverture est de réduire un événement complexe à une histoire simpliste de « bons contre méchants », sans questionner les intérêts géopolitiques et économiques sous-jacents. Des médias jouent le rôle dans la construction de récits favorables aux États qui les alimentent et des biais cognitifs qui s’installent quand des journalistes reprennent des discours officiels sans distanciation.
Les raisons avancées pour justifier ces frappes — menace nucléaire, protection des populations, soutien à la démocratie — ne sauraient être analysées en dehors d’un contexte géopolitique réel.
Mais ne parlent jamais de l’Iran, le pays les plus un « acteur stratégique majeur », susceptible d’inquiéter les puissances extérieures. L’Iran par sa politique rebelle aux occidentaux et par ses richesses en pétrole et gaz au monde, sa position géographique, son influence sur des acteurs régionaux et par son soutien à des mouvements qui s’opposent aux intérêts occidentaux ou israéliens est perçue comme une menace par certaines capitales, qui utilisent alors des récits sécuritaires pour justifier des actions offensives.
La désinformation atteint souvent son point culminant lors des périodes de conflit armé. On observe, notamment : une propension des médias à reprendre des éléments de langage gouvernementaux sans vérification approfondie; l’utilisation de termes comme « frappes préventives », « droit de se défendre » ou encore « libération des peuples » sans questionner leur validité ni leur pertinence juridique ou logique .
Un biais médiatique qui privilégie souvent des témoignages de témoins privilégiés, touristes ou influenceurs, plutôt que des analyses structurées ou des voix indépendantes. Dans certains reportages, on interroge des personnes en vacances ou des citoyens étrangers à des milliers de kilomètres, tout en évitant d’aller vers des voix critiques ou des analyses fines du terrain.
Même des expressions comme « Israël a le droit de se défendre » — utilisées pour justifier une offensive militaire — ne sont pas des évidences juridiques en droit international quand c’est Israël qui attaque en premier. Elles deviennent des éléments de langage que l’on retrouve dans de nombreux médias sans remise en question. Ce genre de rhétorique a déjà été entendu dans d’autres interventions, comme lors de l’affaire de capture de Nicolás Maduro, où toute contestation était interprétée comme « défense de l’autoritarisme », indépendamment du droit international.
Pour mesurer l’ampleur de la désinformation, il faut aussi observer qui est écouté et qui est ignoré : des organisations indépendantes, des spécialistes du droit international, des voix régionales critiques ou même des journalistes qui posent des questions dérangeantes sont souvent relégués au second plan. Les récits confortant les puissances militaires sont toujours surreprésentés.
- Par Belkacem
































