Gaza : quand la paix se monnaie !

0
139

L’histoire retiendra cette initiative non comme un effort de paix, mais comme l’un des épisodes les plus cyniques de l’instrumentalisation du malheur palestinien. Tandis que Gaza compte ses morts, d’autres comptent les milliards.

Le « conseil de la paix » voulu et présidé par Donald Trump ne se présente pas comme une démarche humanitaire ou diplomatique. Au mieux, il s’agit d’une marchandisation cynique de la paix : un siège permanent s’achète à plus d’un milliard de dollars, et la souffrance des Gazaouis se transforme en ligne budgétaire.

Dans ce dispositif inédit, la paix n’est ni un droit ni un impératif moral, mais un produit de luxe réservé aux États solvables. Ceux qui paient obtiennent la permanence, les autres se contentent de mandats temporaires, renouvelables à la discrétion du président américain. Trump concentre tous les pouvoirs : il invite, révoque, arbitre et contrôle les votes. Ce « conseil » n’est pas multilatéral, il est personnel. Ce n’est pas une organisation internationale, c’est une extension de la présidence américaine.

La charte du conseil confirme ce contournement du système onusien, implicitement jugé inefficace. Plutôt que de renforcer le droit international, Trump le court-circuite. La souveraineté des États est remplacée par une logique financière, le droit par une relation de dépendance. C’est un Conseil de sécurité privatisé, sans règles, sans contre-pouvoirs, sans légitimité populaire.

L’indécence atteint son comble lorsque Washington prétend que ces milliards serviront à la reconstruction de Gaza, détruite par des armes américaines fournies à l’entité sioniste. La main qui détruit encaisse, puis prétend arbitrer la paix.

Pendant ce temps, certains pays acceptent de participer à cette mascarade, d’autres temporisent. La France, prudente, annonce son refus pour le moment, invoquant l’attachement à la Charte des Nations unies. Une position prudente, mais qui n’efface ni les ambiguïtés passées ni les silences prolongés face aux crimes commis à Gaza.

Même l’extrême droite de l’entité sioniste, par la voix de Bezalel Smotrich, critique un accord jugé « défavorable ». Une réaction qui en dit long : même un dispositif largement favorable à l’occupation ne satisfait pas les courants radicaux, qui refusent toute limitation, même symbolique, à la violence coloniale.

Ce « conseil de la paix » n’est ni un espoir ni une solution. C’est une mise en scène politique destinée à neutraliser la question palestinienne, à contourner les Nations unies et à transformer un génocide en opportunité diplomatique et financière. La paix y est conditionnée à l’argent, la gouvernance confiée à l’arbitraire, et la Palestine réduite à un territoire administré sans souveraineté réelle.

Pendant que Gaza pleure ses morts, d’autres comptent les milliards. Une époque triste, où la dignité humaine est mise en vente sur le marché de la diplomatie.

Par Amina L.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici