Partis politiques : l’heure de la refondation ?

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La séance publique ouverte à l’Assemblée populaire nationale pour débattre du nouveau projet de loi relatif aux partis politiques marque une étape importante dans le chantier institutionnel engagé ces dernières années.

Présenté par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, le texte ambitionne de « réorganiser la pratique politique » sur des bases constitutionnelles et juridiques plus solides.

L’objectif est clair : faire des partis politiques un pilier central dans la construction d’institutions fortes et crédibles, capables de consolider l’État de droit et de renforcer la stabilité nationale. Le projet de loi organique, fort de 97 articles répartis en sept chapitres, affirme garantir une large liberté d’action aux formations politiques, tout en leur ouvrant la possibilité de contester les décisions administratives les concernant.

Mais cette liberté est indissociable d’un encadrement strict. Le texte impose le respect scrupuleux de la Constitution, des valeurs fondamentales de la société algérienne, de l’identité nationale et des principes liés à la souveraineté, à la défense et à la sécurité du pays. Il introduit également des dispositions relatives à l’éthique politique : interdiction du financement étranger, lutte contre le « vagabondage politique », limitation du mandat des dirigeants de partis à cinq ans renouvelable une seule fois.

La question centrale demeure : cette réforme permettra-t-elle réellement de revitaliser la scène politique ? La moralisation de la vie partisane, la stabilité des directions et la transparence du financement constituent des avancées indéniables si elles sont appliquées avec rigueur et impartialité. La possibilité de former des alliances et des fusions dans un cadre juridique clarifié peut, elle aussi, favoriser une recomposition politique plus cohérente.

Cependant, une loi, aussi ambitieuse soit-elle, ne suffit pas à elle seule à restaurer la confiance citoyenne. La crédibilité des partis dépendra de leur capacité à produire des projets concrets, à renouveler leurs élites et à retisser le lien avec la société. L’encadrement juridique ne doit pas se transformer en contrainte paralysante, mais servir de socle à un pluralisme responsable.

Au-delà du texte, c’est donc une culture politique qu’il s’agit de refonder. L’Algérie a besoin de partis forts, mais surtout de partis vivants, enracinés et porteurs d’alternatives. La réforme ouvre un cadre. Reste à savoir comment il sera investi.

  • Par Belkacem

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