Le Golfe sous le feu, l’escalade de trop ?

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Le Golfe sous le feu, l’escalade de trop ?

L’aube de samedi n’a pas ressemblé aux autres dans le Golfe. Des explosions ont retenti à Abou Dabi, Koweït, Manama, Riyad et Dubaï, faisant brutalement entrer la région dans une nouvelle phase de confrontation militaire ouverte. Ce qui relevait encore, il y a quelques jours, de la dissuasion indirecte et de la guerre des messages, a pris la forme de frappes de missiles coordonnées touchant plusieurs pays du Golfe.

Les informations, confirmées par les grandes agences internationales, dessinent un tableau préoccupant : sirènes d’alerte au Koweït, interceptions de missiles au Qatar, impacts signalés à Bahreïn, perturbation du trafic aérien et premières victimes civiles aux Émirats arabes unis. La région, déjà fragilisée par des décennies de conflits, semble désormais exposée à un embrasement généralisé dont les contours restent imprévisibles.

L’ombre de l’Iran plane sur cette escalade. Arabie saoudite a dénoncé une « agression » et une « violation flagrante de la souveraineté » de plusieurs États arabes, rappelant que les lignes rouges du droit international ont été franchies. Derrière les communiqués officiels, une réalité s’impose : le Golfe, cœur énergétique du monde, est devenu un théâtre militaire à ciel ouvert.

Ce qui inquiète davantage encore, c’est l’élargissement géographique du conflit. Des incidents similaires ont été signalés en Syrie et en Irak, confirmant que la logique de front limité a cédé la place à une confrontation régionale aux ramifications multiples. Les infrastructures militaires ne sont plus les seules visées ; les zones civiles, elles aussi, paient le prix fort de cette spirale de violence.

Au-delà des considérations militaires, cette escalade pose une question fondamentale : jusqu’où le monde laissera-t-il le Moyen-Orient s’enfoncer dans une logique de représailles sans fin ? Chaque missile tiré réduit l’espace du dialogue et rapproche un peu plus la région d’un point de non-retour, aux conséquences économiques, sécuritaires et humanitaires mondiales.

Face à ce danger, le silence ou l’attentisme de la communauté internationale serait lourd de sens. Le Golfe n’est pas seulement une zone de tensions régionales ; il est un pilier de l’équilibre mondial. Laisser l’escalade se poursuivre, c’est accepter que la diplomatie recule au profit de la force brute, avec tous les risques que cela comporte.

Aujourd’hui plus que jamais, l’urgence n’est pas à la surenchère militaire, mais à la désescalade. Car dans cette guerre des missiles, il n’y aura ni vainqueurs clairs ni victoires durables, seulement une région davantage meurtrie et un monde plus instable. Par Amina L.

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