Législatives : c’est parti pour 20 jours de campagne

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Ce mardi 9 juin 2026 marque le début officiel de la campagne électorale pour les élections législatives du 2 juillet prochain. Vingt jours seulement séparent les électeurs du renouvellement des 407 sièges de l’Assemblée populaire nationale (APN). Une campagne courte, intense et particulièrement encadrée par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Le professeur Karim Khelfane, président par intérim de l’ANIE, l’a confirmé avec la précision d’un métronome institutionnel : la campagne s’étendra du 9 au 28 juin. Le tirage au sort des temps d’antenne dans les médias publics a déjà eu lieu le 6 juin, en présence des représentants des partis et des listes indépendantes, pour garantir « l’égalité des chances ». Pour la première fois, les radios locales seront pleinement associées à la couverture, signe d’une volonté de décentraliser un peu la parole politique. Sur le papier, tout est prêt. Les wilayas, à l’image de Tissemsilt, affirment avoir finalisé l’ensemble des dispositions logistiques et sécuritaires. L’ANIE a examiné les dossiers de candidature avec une rigueur inédite : plus de 3000 candidatures rejetées, soit un taux avoisinant les 30 %. La raison principale ? Le non-respect des nouvelles exigences de la loi électorale (quota d’un tiers de femmes, place importante accordée aux jeunes de moins de 40 ans, diplômés universitaires, etc.). Ce filtrage sévère en dit long sur la volonté des autorités de présenter des listes « conformes » et professionnalisées. Le Front Moustakbel, le FLN, le RND ou encore le MSP restent les principaux acteurs, avec des alliances probables ou des positionnements concurrents selon les wilayas. Mais l’émergence de listes indépendantes, encouragée par les réformes, pourrait réserver quelques surprises locales, notamment dans les grandes villes. Le président Abdelmadjid Tebboune, qui a convoqué le corps électoral par décret en avril, mise visiblement sur une consolidation de la majorité parlementaire actuelle tout en affichant une volonté de renouvellement générationnel et de féminisation. Dans un contexte régional tendu et alors que l’Algérie continue d’affirmer son rôle géopolitique, ces législatives sont présentées comme un rendez-vous crucial pour consolider les institutions. Reste à savoir si les citoyens y verront un véritable levier de changement ou une simple formalité institutionnelle. La campagne commence ce mardi. Les Algériens ont désormais vingt jours pour écouter, comparer et, surtout, décider s’ils iront voter le 2 juillet. L’enjeu dépasse largement les 407 sièges : c’est aussi celui de la crédibilité du processus démocratique national.  Par Charef Slamani

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