Arnaques téléphoniques : la Gendarmerie et la Police tirent la sonnette d’alarme

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Le commandement de la Gendarmerie nationale et la Direction générale de la Sûreté nationale ont conjointement publié un communiqué destiné à alerter l’opinion publique sur la multiplication de tentatives d’escroquerie et de fraude électronique observées ces derniers temps. Ces agissements, orchestrés par des individus non identifiés, consistent à usurper l’identité d’agents de ces deux corps de sécurité pour tromper la vigilance des citoyens.

Ce phénomène, qui touche un nombre croissant de victimes, s’inscrit dans une tendance plus large de développement de la cybercriminalité, où les escrocs redoublent d’ingéniosité pour exploiter la confiance que le public accorde aux institutions officielles. D’après le communiqué, les malfaiteurs utilisent plusieurs canaux de communication pour approcher leurs victimes : appels téléphoniques directs, messages textes (SMS) ainsi que les applications de messagerie et réseaux sociaux. En se présentant comme des membres de la Gendarmerie nationale ou de la Sûreté nationale, ils parviennent à instaurer un climat de confiance, voire d’autorité, qui pousse leurs interlocuteurs à baisser leur garde. Une fois ce climat instauré, les escrocs réclament la communication d’informations personnelles ou sensibles, en particulier celles liées à la « carte dorée » (le moyen de paiement électronique d’Algérie Poste) ou aux comptes postaux (CCP). Ce type de données, une fois obtenu, permet aux fraudeurs d’accéder directement aux fonds des victimes. Le communiqué précise que ces pratiques ont d’ores et déjà causé un préjudice financier réel à plusieurs citoyens, qui se sont vus dépouiller de leur argent après avoir, en toute bonne foi, divulgué leurs informations confidentielles à des interlocuteurs se faisant passer pour des représentants de l’État. Les spécialistes de la sécurité numérique rappellent régulièrement que ce type d’escroquerie, connu sous le nom de « phishing » (hameçonnage) lorsqu’il transite par message ou courriel, ou de « vishing » lorsqu’il s’agit d’un appel vocal, repose sur des mécanismes psychologiques bien précis : l‘usurpation d’autorité, le sentiment d’urgence, la discrétion demandée et la personnalisation du discours. Certains fraudeurs disposent d’informations partielles sur leurs victimes (nom, numéro de téléphone, voire données bancaires partielles obtenues par d’autres biais), ce qui rend leur discours plus crédible. Face à l’ampleur de ce phénomène, la Gendarmerie nationale et la Sûreté nationale ont tenu à rappeler une règle simple mais fondamentale : aucun service officiel ne demande jamais, que ce soit par téléphone, SMS ou réseau social, les données relatives à la carte dorée ou le code secret d’un citoyen. Cette précision est essentielle, car elle permet à chacun de repérer immédiatement une tentative de fraude : toute demande de ce type, quelle que soit la personne qui la formule et quelle que soit la fonction qu’elle prétend occuper, doit être considérée comme suspecte par défaut. Les deux institutions appellent l’ensemble des citoyens à observer une vigilance maximale et formulent plusieurs recommandations concrètes : ne jamais communiquer d’informations personnelles ou bancaires, vérifier systématiquement l’identité de toute personne se présentant comme un agent de l’État avant de donner suite à sa demande, en se rendant si nécessaire directement dans les locaux de l’institution concernée, se méfier de toute urgence artificielle créée par l’interlocuteur pour pousser à une décision rapide et non réfléchie, signaler immédiatement toute tentative d’escroquerie ou d’usurpation d’identité auprès des services de la Gendarmerie nationale ou de la Sûreté nationale les plus proches et enfin utiliser les numéros verts dédiés — le 1055 et le 1548 — pour toute question ou signalement lié à ce type de fraude. Au-delà de cette mise en garde ponctuelle, le commandement de la Gendarmerie nationale et la Direction générale de la Sûreté nationale ont profité de l’occasion pour réaffirmer leur engagement à poursuivre, sur le long terme, la lutte contre la cybercriminalité. Les deux institutions insistent sur leur volonté de protéger les citoyens et leurs biens, tout en renforçant les campagnes de sensibilisation face à des méthodes de fraude en constante évolution. Cette communication s’inscrit ainsi dans une démarche préventive plus large, visant à outiller les citoyens face à des techniques d’escroquerie de plus en plus sophistiquées, à l’heure où la digitalisation des services administratifs et bancaires expose davantage la population à ce type de risques.Par Rachid

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