Le procès de l’affaire relative à la privatisation des moulins de Tiaret s’est poursuivi devant le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed, où le représentant du ministère public a présenté ses réquisitions à l’encontre des accusés poursuivis dans ce dossier lié à la gestion et à la cession d’actifs relevant du secteur public.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a requis une peine de dix ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars à l’encontre de l’ancien ministre des Participations et de la Promotion des investissements, Abdelhamid Temmar, avec le maintien des mandats d’arrêt internationaux émis contre lui. La même peine a été requise contre l’homme d’affaires Youcef Metidji, propriétaire de la société « Ikhlasse », spécialisée dans la minoterie et les produits alimentaires, assortie cette fois d’une amende de huit millions de dinars. Le ministère public a également requis huit ans de prison ferme et une amende d’un million de dinars contre l’ancien président-directeur général de la Société de gestion des participations ainsi que l’ancien responsable des Moulins de Tiaret. Par ailleurs, le parquet a demandé une amende de 32 millions de dinars à l’encontre de la société « Ikhlasse », avec confiscation des biens saisis. L’agent judiciaire de l’État a, de son côté, réclamé le versement d’un milliard de dinars par Abdelhamid Temmar au titre de l’indemnisation du préjudice, tandis qu’un montant de 500 millions de dinars a été sollicité solidairement auprès des autres accusés. Au cœur de cette affaire figure la cession de trois moulins relevant du groupe public « Riadh » de Tiaret, ainsi que du siège administratif et d’une cour, au profit de la société « Ikhlasse ». Dans son intervention, le représentant du ministère public est revenu sur les conclusions des expertises versées au dossier, estimant que les biens concernés présentaient une valeur largement supérieure au montant de la transaction conclue. Le parquet a évoqué des irrégularités présumées dans le déroulement de l’opération, notamment concernant les conditions d’évaluation des actifs et la procédure ayant conduit au choix de l’acquéreur. Selon les éléments exposés à l’audience, plusieurs offres avaient été déposées dans le cadre de cette opération de privatisation, avant que la société « Ikhlasse » ne soit retenue. Lors de leurs auditions, les prévenus ont rejeté les accusations portées contre eux et affirmé avoir agi dans le respect des dispositions réglementaires en vigueur. Le propriétaire de la société « Ikhlasse » a soutenu que son entreprise avait présenté une offre dans un cadre légal, mettant en avant les engagements pris en matière d’investissement, de préservation des emplois et de relance de l’activité industrielle. Les anciens responsables des structures publiques concernées ont, pour leur part, affirmé que la décision finale relevait du Conseil des participations de l’État, leur mission ayant consisté à suivre les procédures administratives prévues. Cette affaire intervient dans le cadre du traitement judiciaire de plusieurs dossiers portant sur la gestion des biens publics et les opérations de privatisation menées durant les années précédentes. Le verdict sera prononcé après les délibérations de la juridiction compétente. Par Amina L.





























