Transport en commun : Vers la disparition des taxis collectifs à Mostaganem !

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À la nouvelle station des Castors, à Mostaganem, la scène est devenue banale : des taxis collectifs stationnent quelques secondes à peine, le temps de repérer un client prêt à payer pour une course individuelle, avant de repartir sans avoir assuré le moindre transport de groupe. La fonction même qui donne son nom à ce mode de transport — regrouper plusieurs passagers sur un trajet commun à tarif partagé — semble s’être effacée au profit d’une pratique plus rentable pour les chauffeurs, mais nettement plus coûteuse pour les usagers. Le phénomène observé aussi à Mont-Plaisir n’est pas isolé. Dans le quartier de Tigditt, autre point névralgique de la circulation urbaine mostaganemoise, les riverains font le même constat : il devient presque impossible de héler un taxi collectif au sens traditionnel du terme. Les véhicules qui portent encore cette appellation privilégient systématiquement la course à la demande, individuelle ou par petits groupes négociés au cas par cas, plutôt que la desserte régulière et partagée qui constituait autrefois leur raison d’être. Pour de nombreux habitants qui dépendent de ce mode de transport au quotidien — trajets domicile-travail, déplacements vers les administrations ou le centre-ville — cette évolution se traduit par une facture qui grimpe et une attente qui s’allonge, notamment aux heures de pointe. Ce basculement s’explique aisément du point de vue des chauffeurs : une course individuelle, mieux rémunérée qu’une place vendue dans le cadre d’un transport partagé, permet de rentabiliser plus rapidement chaque trajet. Dans un contexte où les charges d’exploitation — carburant, entretien, assurance — pèsent de plus en plus lourd, la tentation de délaisser le modèle collectif pour multiplier les courses individuelles devient difficile à résister, en l’absence de contrôle ou de régulation contraignante. Ce glissement n’est pas propre à Mostaganem : dans plusieurs villes de la région, le secteur du transport (taxis, taxis collectifs, transport informel) traverse des tensions similaires, entre professionnels qui réclament de meilleures conditions d’exercice et usagers captifs faute d’alternative organisée. Si la tendance se confirme dans la durée, c’est bien la survie même du taxi collectif en tant que service de transport public de proximité qui est en question à Mostaganem. Un tel mode de transport, né pour combler les insuffisances du réseau de bus urbain, risque de perdre sa raison d’être s’il ne conserve que le nom, sans plus assurer la fonction sociale qui le justifiait : offrir une mobilité abordable aux citoyens qui n’ont pas d’autre choix. Reste à savoir si les autorités locales, en charge de la réglementation du transport urbain, interviendront pour rappeler aux exploitants leurs obligations, ou si le marché continuera de s’organiser de lui-même — au détriment, in fine, des usagers les plus dépendants de ce service.         Charef

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