Niché au cœur du mythique et antique quartier de Tigditt à Mostaganem, le cimetière de Sidi Maazouz abrite un mausolée éponyme qui continue d’imprégner la mémoire collective locale. Entre ferveur populaire, traditions séculaires et urgence de préservation, plongée dans l’histoire d’un sanctuaire qui murmure le passé de la cité des Murustaga
Le mausolée de Sidi Maazouz, également connu sous le nom de Sidi Maazouz El-Bahri, demeure l’un des lieux de mémoire spirituelle associés à l’histoire ancienne de la cité. Implanté à l’intérieur du cimetière de Tigditt, ce sanctuaire est connu des habitants de Mostaganem et des environs. Des visiteurs continuent de s’y rendre, témoignant de l’attachement que suscitent encore les figures religieuses anciennes dans la mémoire collective locale. Les informations historiques disponibles évoquent Sidi Maazouz parmi les personnages religieux liés à l’histoire de Tigditt. Selon des travaux universitaires consacrés au patrimoine architectural et historique de Mostaganem, Sidi Maazouz serait originaire de Malaga, en Andalousie, et aurait rejoint la région après les bouleversements qui ont marqué la présence musulmane en Espagne. Ces recherches le mentionnent parmi les figures religieuses venues s’établir à Tigditt à une époque ancienne, contribuant à la réputation spirituelle du quartier. Tigditt figure parmi les noyaux historiques de Mostaganem. Ses ruelles, ses anciennes mosquées, ses cimetières et ses sanctuaires témoignent d’un passé où la vie religieuse occupait une place importante dans l’organisation sociale du quartier. Les études consacrées au patrimoine de la ville soulignent la valeur historique de cet espace et la richesse de ses éléments architecturaux et culturels. Dans cet environnement chargé d’histoire, le mausolée de Sidi Maazouz occupe une place particulière. Sa présence adossée au cimetière qui porte son nom, à deux pas de la vieille mosquée mérinide, rappelle les liens étroits qui unissent la mémoire des défunts, l’histoire et le patrimoine spirituel de la population. Pour les habitants qui connaissent ce lieu depuis leur enfance, il représente également un repère ancien du paysage de Tigditt. Au fil des années, le nom de Sidi Maazouz est resté présent dans la mémoire populaire de Mostaganem. Des personnes venues de différents quartiers et des localités voisines se rendent au mausolée, perpétuant ainsi la connaissance de ce sanctuaire. Ces visites s’inscrivent dans une tradition locale dont les pratiques et les significations peuvent varier selon les familles et les générations. Au-delà de sa dimension spirituelle, le mausolée constitue un élément du patrimoine historique immatériel de Mostaganem. Le quartier de Tigditt n’est pas un quartier comme les autres. Faubourg historique à l’architecture défensive originelle, il est le berceau de la culture populaire mostaganémoise. C’est en son sein que repose le mausolée de Sidi Maazouz, Pour les habitants, Sidi Maazouz n’est pas seulement un nom gravé sur une plaque ou une destination routière partagée par les habitués du quartier. C’est une figure tutélaire. La tradition locale le consacre comme un homme de piété, un sage qui a voué sa vie à la dévotion et à l’arbitrage social, des valeurs profondément ancrées chez les tolbas et oulamas de l’Ouest algérien. A Mostaganem, les mausolées et les zaouïas ont toujours été bien plus que des monuments funéraires. Ils représentaient le cœur battant de la vie sociale, culturelle et de la solidarité populaire. Le secteur de Sidi Maazouz à Tigditt a ainsi longtemps vibré au rythme des célébrations traditionnelles, des rassemblements de voisins (les fameux waadates) et des soirées de musique Chaâbi et de poésie Melhoun qui rassemblaient les puristes de la ville. « Évoquer Sidi Maazouz, c’est rouvrir le grand livre d’une époque où l’hospitalité, l’acceptation de l’autre et l’entraide dictaient le quotidien des habitants du bas-Tigditt », confie un habitant nostalgique du quartier. Aujourd’hui, à l’instar d’autres sanctuaires de la wilaya, le site de Sidi Maazouz fait face aux défis du temps et de l’urbanisation. Alors que des initiatives se multiplient à Mostaganem pour réhabiliter les monuments clés comme le célèbre projet de restauration du sanctuaire de Sidi Lakhdar Benkhlouf, les riverains et les passionnés du patrimoine local espèrent voir le cimetière et le mausolée de Sidi Maazouz bénéficier d’un plan d’aménagement à la hauteur de son importance historique.
Par Tayeb Bey Adelkader





























