Sécheresse au Maroc : l’agriculture en péril

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Le Maroc traverse une crise agricole sans précédent, exacerbée par une sécheresse prolongée depuis sept ans. La récolte de blé de 2024 a connu une chute vertigineuse de 50 %, fragilisant davantage la production céréalière du pays et mettant en lumière une situation environnementale et économique alarmante.

Les barrages, principales sources d’approvisionnement en eau du pays, voient leurs réserves diminuer dangereusement. En six ans, elles ont passé de 8,9 milliards de mètres cubes en 2018 à seulement 4,1 milliards en 2024, selon les données du ministère de l’Équipement et de l’Eau. Ce déficit chronique en eau met en péril les régions agricoles clés, notamment la province de Sidi Kacem, bastion jadis de la production céréalière marocaine.

Les effets dévastateurs de cette crise se manifestent dans les campagnes où de vastes étendues de terres restent inexploitées. Les images satellites récentes montrent des parcelles autrefois fertiles, aujourd’hui désertées, faute d’eau d’irrigation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la récolte de blé a chuté de 6,1 millions de tonnes en 2022 à 2,47 millions en 2024, soit une diminution de 40,6 %. Cette situation rappelle tristement la saison catastrophique de 2007-2008, où la production était tombée à 1,58 million de tonnes.

Le blé, l’orge et le maïs, qui forment la base de la consommation humaine et animale, sont directement impactés. L’unité des Nations unies dédiée à la lutte contre la désertification alerte sur les risques pour la sécurité alimentaire. Le Maroc, contraint d’intensifier ses importations, a acquis 2,5 millions de tonnes de blé entre janvier et juin 2023, principalement depuis la France.

Face à l’urgence, le gouvernement met sur le dessalement, avec un objectif ambitieux de 1,7 milliard de mètres cubes d’eau dessalée d’ici à 2030. Bien que prometteur, ce projet nécessitera des investissements massifs et du temps, alors que la situation exige des réponses immédiates.

La sécheresse au Maroc n’est plus une crise ponctuelle mais un défi structurel, amplifié par le changement climatique. Les efforts devront se concentrer sur une gestion durable des ressources hydriques et une révision des stratégies agricoles pour assurer la résilience de ce secteur vital. Si aucune mesure urgente n’est prise, la crise pourrait non seulement aggraver la précarité des agriculteurs, mais aussi menacer l’ensemble de l’économie marocaine.  Riad 

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