L’économie française à rebours    

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  L’économie française, autrefois fondée sur une forte industrialisation et des services publics solides, connaît depuis les années 1980 un démantèlement progressif de ses fondements. La désindustrialisation, la privatisation des monopoles publics et l’essor d’une économie de services dominée par des élites technocratiques et financières ont entraîné l’effondrement de la production nationale, la multiplication des défaillances d’entreprises et une explosion de la dette publique.  : Le spectre de l’Ancien Régime : À l’image des fermiers généraux du 18e siècle, une minorité bénéficie de ces transformations au détriment du tissu économique indépendant et de l’intérêt général.

L’analyse incisive de Pierre Vermeren éclaire une vérité glaçante : l’économie française semble s’être détournée des principes d’innovation et de production qui ont porté ses succès passés pour s’enliser dans une logique de rente. Ce modèle, héritier d’un Ancien Régime pourtant rejeté par la Révolution, engendre une asphyxie des secteurs industriels, agricoles et artisanaux, tout en favorisant la concentration des richesses et des privilèges au sein d’une élite politico-économique.

L’effondrement industriel, accompagné de la privatisation des monopoles publics, n’a pas seulement détruit des emplois et des savoir-faire. Il a creusé les déficits, accéléré la dépendance aux importations et fragilisé les petites entreprises, désormais étranglées par des politiques favorisant une économie financiarisée et désolidarisée de la production. En lieu et place de la France innovante et compétitive des Trente Glorieuses, s’est installée une économie métropolisée, tournée vers les services, où des géants privés captent les bénéfices des marchés publics au détriment de l’intérêt collectif.

La tentation de ce modèle n’est pas propre à la France. Elle reflète une tendance mondiale où les logiques de financiarisation remplacent les logiques productives. Cependant, en France, ce phénomène prend une tournure particulièrement aigüe en raison de l’histoire économique et sociale du pays, bâtie sur l’innovation industrielle et le rôle fort de l’État. Ce dernier, qui se voulait autrefois protecteur et modernisateur, semble désormais s’être résigné à n’être qu’un gestionnaire d’intérêts privés, au détriment de l’intérêt général.

Les conséquences de cette dérive sont profondes : une dette publique vertigineuse, un tissu économique local en ruine et une fracture sociale grandissante. Ce retour aux logiques d’Ancien Régime n’est pas une fatalité, mais un choix politique qui interroge : comment une nation qui fut pionnière dans les révolutions industrielles a-t-elle pu abandonner les principes qui faisaient sa force ?                   Riad

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