Le président Tebboune répond aux médias français :L’Algérie, gardienne de ses principes

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Dans un monde en pleine mutation, marqué par la montée des populismes, les conflits géopolitiques et les rivalités économiques, l’Algérie maintient une diplomatie ancrée dans ses principes historiques : non-alignement et non-ingérence. À travers les récentes déclarations du président  Abdelmadjid Tebboune au média français ‘‘l’Opinion’’, le chef de l’Etat  dicte les fondements de cette politique étrangère, ses défis et ses perspectives dans un contexte international complexe. 

L’Algérie, depuis son indépendance, a toujours défendu une politique étrangère basée sur deux piliers fondamentaux : le non-alignement et le respect de la souveraineté des États. Ces principes, hérités de la lutte pour l’indépendance, guident encore aujourd’hui les relations internationales du pays.

L’Algérie, une diplomatie ancrée dans l’histoire  

Le président Tebboune,  l’a rappelé avec force : « Nous ne sommes alignés sur personne, et nous refusons toute forme de vassalisation. »  Cette position se traduit par des relations équilibrées avec des acteurs aussi divers que les États-Unis, la Russie, la Chine et les pays européens. Récemment, Alger a accueilli des délégations russes, américaines et même de l’OTAN, tout en maintenant des liens étroits avec ses voisins méditerranéens et africains. Une preuve, que l’Algérie n’est pas isolée, contrairement à ce que certains voudraient faire croire.

Le président a souligné l’importance historique de ce partenariat, rappelant que les États-Unis ont été les premiers à soutenir la cause algérienne à l’ONU. Aujourd’hui, cette relation se traduit par des échanges économiques, scientifiques et sécuritaires. Cependant, des divergences subsistent, notamment sur la question palestinienne. Le président algérien a réaffirmé son soutien inconditionnel à la création d’un État palestinien, condition sine qua non pour une normalisation des relations avec Israël. « Le jour où il y aura un État palestinien, nous serons prêts à normaliser nos relations avec Israël », a-t-il déclaré, tout en critiquant les « doubles standards » de la communauté internationale.

La Chine occupe une place particulière dans la diplomatie algérienne. Les deux pays partagent une longue histoire de coopération, depuis le soutien de Pékin à la guerre d’indépendance algérienne jusqu’aux investissements chinois dans des secteurs clés comme les technologies, l’électronique et les énergies renouvelables. Le président a salué la qualité des projets réalisés par les entreprises chinoises en Algérie, tout en soulignant que le pays reste ouvert à d’autres investisseurs. « Nous avons déposé près de 11 000 projets à l’Agence nationale de promotion des investissements », a-t-il précisé, montrant ainsi la volonté de l’Algérie de diversifier ses partenariats économiques.

La situation au Sahel préoccupe l’Algérie, qui joue un rôle clé dans la stabilisation de la région. Le président a déploré les coups d’État récurrents, qu’il attribue à l’absence d’institutions solides. « Les États du Sahel n’ont pas réussi à construire des institutions résilientes », a-t-il regretté, tout en réaffirmant la disponibilité de l’Algérie à soutenir ses voisins. Concernant les accusations maliennes selon lesquelles l’Algérie soutiendrait des groupes terroristes, le président a balayé ces allégations d’un revers de main. « C’est aberrant », a-t-il déclaré, rappelant les efforts de l’Algérie pour promouvoir la paix et le développement dans la région.

Le Sahara occidental : une question de principe

La question du Sahara occidental reste un point central de la diplomatie algérienne. Le président a réaffirmé son soutien à la République arabe sahraouie démocratique (RASD), tout en critiquant les « visées expansionnistes » du Maroc. « La RASD est un membre de l’Union africaine, et la justice internationale reconnaît les droits des Sahraouis », a-t-il rappelé.  La rupture des relations avec le Maroc, bien que regrettable, est présentée comme une réponse à des actes hostiles. « Nous sommes dans la réaction, pas dans l’escalade », a-t-il expliqué, tout en exprimant son souhait de voir un jour cette situation se résoudre.

La diplomatie algérienne, guidée par des principes intangibles, continue de jouer un rôle stabilisateur dans une région en proie à de multiples défis. Que ce soit dans ses relations avec les grandes puissances, dans son soutien aux causes justes ou dans ses efforts pour promouvoir la paix et le développement, l’Algérie reste fidèle à son histoire et à ses valeurs.

L’Algérie en marche vers l’émergence

Sur le plan intérieur, le président a insisté sur l’importance des réformes engagées depuis 2020. « Ce second mandat est celui du parachèvement des grands chantiers », a-t-il affirmé. Après des années marquées par la décennie noire et le Hirak, l’Algérie a entrepris de reconstruire ses institutions et de moderniser son système politique.  « Nous allons réformer la loi sur les partis, le système électoral et les codes régissant les communes et les wilayas », a-t-il annoncé. Une banque des collectivités locales sera également créée pour renforcer l’économie régionale. « L’objectif est de rapprocher les institutions des citoyens et de favoriser le développement local », a-t-il expliqué.

Le président a détaillé les ambitions économiques de l’Algérie, visant à faire du pays un acteur majeur sur la scène internationale. « D’ici deux ans, l’Algérie sera un pays émergent, avec un PIB de plus de 400 milliards de dollars », a-t-il déclaré. Parmi les priorités figurent la construction de logements, la résolution de la crise de l’eau et la réduction des importations. « Nous voulons fabriquer le maximum de produits sur place », a-t-il souligné. L’Algérie mise également sur l’énergie solaire et l’hydrogène vert pour renforcer son attractivité industrielle et répondre aux besoins énergétiques de l’Europe. Le secteur agricole, qui génère déjà 37 milliards de dollars par an, est également au cœur de cette stratégie. « Nous exportons des produits maraîchers en Tunisie, en Mauritanie et au Moyen-Orient. Nous voulons accéder au marché européen dans des conditions préférentielles », a-t-il expliqué, justifiant ainsi la révision de l’accord d’association avec l’Union européenne.

Une vision claire pour l’Algérie 

Interrogé sur l’héritage qu’il souhaite laisser, le président a réaffirmé son attachement à la Constitution. « Je n’ai pas l’intention de m’éterniser au pouvoir. Je respecterai la Constitution », a-t-il déclaré.  Son objectif est de poser les bases d’une Algérie moderne et prospère. « Je veux laisser des infrastructures nouvelles, de grands chantiers et une réforme du système politique. Même si je n’ai pas tout réussi, j’aurais eu le mérite de montrer que cela était possible », a-t-il conclu.

À travers cet entretien, le président algérien a dressé un tableau ambitieux et réaliste de l’avenir de son pays. Entre réformes politiques, développement économique et respect des principes constitutionnels, il incarne une vision résolument tournée vers l’avenir. L’Algérie, forte de ses partenariats internationaux et de ses ressources naturelles, semble prête à relever les défis qui l’attendent. Reste à savoir si les générations futures sauront poursuivre ce travail et concrétiser cette vision.Riad

 

 

 

 

 

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