Alors que les communes voisines profitent de marchés animés, Hassi Mamache reste en marge. Les habitants doivent parcourir des kilomètres pour acheter des fruits, légumes ou produits ménagers à des prix raisonnables.
À Mostaganem, comme dans de nombreuses villes d’Algérie, les marchés hebdomadaires constituent un pilier incontournable de l’économie locale et de la vie sociale. Ces espaces, où se croisent producteurs, commerçants et habitants, dynamisent les échanges, soutiennent les emplois locaux et garantissent un accès abordable aux produits de première nécessité. Pourtant, la commune de Hassi Mamache, pourtant la plus peuplée et stratégique de sa daïra, fait figure d’exception : elle est privée de ce lieu vital, au grand dam de ses habitants.
Cette carence entraîne un triple problème : Économique, social et environnemental. Les petits producteurs locaux perdent un débouché clé, tandis que la spéculation sur les denrées alimentaires s’intensifie, surtout pendant le Ramadan. Le marché hebdomadaire est bien plus qu’un lieu de commerce : c’est un espace de rencontres, de solidarité et de transmission culturelle. L’obligation de se déplacer accroît les émissions de CO₂ et la congestion routière.
Pourquoi ce retard ? Les interrogations des citoyens se multiplient : serait-il un manque de volonté politique ou manque de vision? La création d’un marché nécessite peu de moyens : une surface sécurisée, une gestion organisée et un soutien aux acteurs locaux. Hassi Mamache, malgré son poids démographique, semble négligée et les doléances des habitants, pourtant répétées, ne débouchent sur aucune action concrète.
Pendant le mois sacré, l’absence de marché se transforme en calvaire pour les familles. Les prix flambent sur les étals informels, et les produits frais se raréfient. « Nous devons acheter en petite quantité à des prix élevés, ou faire des heures de route », témoigne Fatima, une habitante. Une situation qui exacerbe les inégalités sociales et fragilise les plus précaires.
Un marché hebdomadaire à Hassi Mamache n’est pas qu’une question de commodité : c’est un droit fondamental. Comme le souligne un ancien du village, « un marché, c’est le cœur battant d’une commune. Sans lui, on perd notre âme. » Les autorités ont le devoir d’agir vite pour rétablir l’équité territoriale et redonner à Hassi Mamache la place qu’elle mérite.
- Hadj Bennaceur






























