La filiale algérienne du géant mondial des matériaux de construction, Holcim El-Djazaïr, vient d’accomplir une étape stratégique en exportant pour la première fois 50 000 tonnes de ciment gris vers l’Amérique du Nord depuis le port de Béjaïa. Cette opération, réalisée cette semaine, illustre la montée en puissance de l’industrie nationale sur les marchés internationaux et consolide le rôle du port de Bejaia comme hub logistique clé.
Dans le cadre de la stratégie gouvernementale visant à diversifier l’économie et réduire la dépendance aux hydrocarbures, cette exportation s’inscrit comme un levier économique majeur. Le ciment, secteur historiquement ancré en Algérie, devient ainsi un ambassadeur de la capacité productive du pays à l’international.
Le succès de cette opération repose en partie sur la modernisation des infrastructures portuaires de Bejaïa. Grâce à la réhabilitation d’entrepôts de stockage – anciennement contrôlés par une entreprise privée saisie par la justice dans des affaires de corruption –, le port a quadruplé sa capacité logistique. Ces aménagements lui permettent désormais de rivaliser avec les plates-formes régionales, positionnant Bejaïa comme nouvelle porte maritime stratégique pour les exportations algériennes.
Au-delà du symbole industriel, cette exportation révèle une synergie réussie entre réformes structurelles et dynamique privée.
Avec Bejaïa désormais en première ligne, l’Algérie affiche sa volonté de s’imposer comme acteur incontournable du marché global du ciment, tout en répondant aux impératifs de souveraineté économique.































