Maroc: Scandale d’espionnage et crise sociale

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Une enquête exclusive révèle les dessous d’une tentative de prise de contrôle de « Gerson Global Advisors (GGA) », cabinet de lobbying américain mandaté par le Maroc pour défendre ses intérêts aux États-Unis, notamment sur le dossier du Sahara occidental. Selon des documents consultés par « Africa Intelligence », un contrat de 2,5 millions de dollars aurait été signé en 2011 pour influencer Washington .

La société GGA, déjà sous le feu des projecteurs en 2011 pour ses liens avec Rabat, est aujourd’hui au cœur d’un scandale impliquant « Rabie Mansouri », un collaborateur proche de la DGED (Direction générale des études et de la documentation, services de renseignement marocains). Une lettre interne de GGA l’accuse, avec deux associés, d’avoir tenté de « prendre le contrôle de l’entreprise ou de la détruire », via des « falsifications d’emails » et des «  frauduleuses ». Parmi les preuves : un courrier électronique altéré destiné à « Yassine Mansouri » , directeur de la DGED.

« Nous avons coupé tout lien avec ces individus », affirme GGA, qui dénonce une opération visant à contourner les canaux légaux de paiement. Une affaire qui jette une lumière crue sur les méthodes opaques du Maroc pour assoir son influence à l’étranger, alors que le royaume multiplie les contrats avec des cabinets de lobbying depuis le Printemps arabe.

Par ailleurs, les organisations internationales révèlent que le royaume traverse une crise sociale sans précédent. Selon le Haut Commissariat au Plan (HCP), l’indice de Gini – mesure des inégalités – a grimpé à 40,5 % en 2022, faisant du Maroc le pays le plus inégalitaire du Maghreb. La classe moyenne, étranglée par l’inflation (6,1 % en 2023) et une fiscalité punitive, se paupérise : son niveau de vie a chuté de 4,3 % par an depuis 2019.

Des assiettes vides et des budgets serrés : Les dépenses en céréales, base de l’alimentation, sont passées de 16 % à 12,5 % du budget des ménages entre 2014 et 2024. Une « amélioration » trompeuse : les plus pauvres renoncent à la viande et aux produits laitiers, tandis que les riches diversifient leurs menus.

Alors que Mohammed VI appelle les Marocains à la « modération » lors de l’Aïd El-Kébir, ses frasques défraient la chronique : acquisition de deux voitures de luxe « Laraki Sahara » (4,4 millions de dollars) en 2025, achat d’un hôtel parisien à 80 millions d’euros en pleine pandémie… Un train de vie qui contraste avec les « 72 % de ménages ruraux » incapables de couvrir leurs besoins de base, selon « Courrier International ».

Entre scandales d’espionnage international et malaise social grandissant, le Maroc navigue en eaux troubles. Alors que la presse locale mène une guerre médiatique contre l’Algérie et n’ose pas critiquer le pouvoir marocain, Rabat semble tiraillé entre sa quête d’influence géopolitique  et l’urgence de répondre aux attentes d’une population exsangue. Riad

 

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