Royal relance le dialogue Algérie-France

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French Minister for Ecology, Sustainable Development and Energy Segolene Royal leaves the Elysee Palace in Paris, France, following the weekly cabinet meeting November 9, 2016. REUTERS/Charles Platiau

La crise diplomatique entre l’Algérie et la France connaît un rebondissement inattendu avec l’intervention de Ségolène Royal. L’ancienne ministre française, candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2007, s’est déclarée prête à jouer un rôle de médiatrice entre les deux pays, répondant à l’appel du président  Abdelmadjid Tebboune. Invitée sur BFMTV, elle a estimé que le rétablissement des relations restait « toujours envisageable », tout en posant des conditions claires : la fin des « provocations » et des « manipulations politiques internes », en allusion aux tensions récurrentes alimentées par des divergences historiques et des enjeux mémoriels.

S’exprimant avec mesure, Royal a rappelé son attachement à une « diplomatie de dialogue », soulignant qu’elle avait été officiellement désignée, aux côtés de Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin, pour contribuer à une mission de rapprochement. « La France ne doit pas renoncer à sa tradition relationnelle avec l’Algérie, malgré les désaccords », a-t-elle insisté, appelant à privilégier le « pragmatisme » face à cette crise aux multiples facettes – économique, mémorielle et stratégique.

L’ex-ministre a par ailleurs évoqué l’affaire Boualem Sansal, écrivain algérien condamné le 20 mars dernier à une peine pouvant atteindre dix ans de prison pour des accusations non détaillées. Sansal, intellectuel critique connu pour ses prises de position contre l’islamisme et son engagement littéraire, doit connaître son verdict définitif le 27 mars. Royal a exprimé l’espoir d’une « grâce présidentielle », soulignant le symbole que représenterait un tel geste dans un contexte de crispations politiques.  .

Si l’initiative de Ségolène Royal relance l’espoir d’un apaisement, elle interroge aussi sur les positions officielles des deux capitales. Paris, qui n’a pas encore réagi publiquement à cette proposition, pourrait y voir une opportunité de désamorcer les tensions, mais reste prudent face aux sensibilités historiques. Alger, de son côté, semble ouvrir une porte tout en exigeant des « gestes concrets », notamment sur les questions mémorielles liées à la colonisation. Les observateurs soulignent que cette médiation, si elle se concrétise, devra naviguer entre les écueils d’un passé douloureux et les impératifs d’une coopération actuelle fragilisée par des divergences stratégiques et économiques.

Dans un contexte régional instable, où la France et l’Algérie jouent des rôles clés en Méditerranée et au Sahel, le succès d’une telle médiation reposerait autant sur la discrétion des négociations que sur une volonté partagée de tourner la page des rancœurs. Entre héritage colonial, partenariats économiques et enjeux sécuritaires, le dialogue semble plus que jamais un équilibre fragile à reconstruire.  Riad

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