Sinaï militarisé : la paix égypto-israélienne sous tension

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Cracked brick wall painted with a Israeli flag on the left and a Egyptian flag on the right.

La présence militaire accrue de l’Égypte dans le Sinaï provoque une crispation croissante avec Israël, qui dénonce une violation des accords de Camp David (1979). Ces derniers limitent les déploiements armés dans la péninsule, zone tampon démilitarisée. Les tensions, attisées par le contexte post-attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et la contre-offensive israélienne à Gaza, s’aggravent avec le refus égyptien de relocaliser des Palestiniens et l’échec des négociations pour une trêve.

Israël exige un « démantèlement prioritaire » des forces égyptiennes dans le Sinaï, selon le ministre de la Défense Yisrael Katz, et presse Washington d’intervenir. En parallèle, Tel-Aviv poursuit ses opérations militaires à Gaza, notamment sur l’axe de Philadelphie, frontière contestée avec l’Égypte, tout en promouvant un projet controversé de « migration volontaire » des Palestiniens.

Si Le Caire et Tel-Aviv affichent une volonté commune de préserver leur accord de paix, les frictions stratégiques s’accumulent. L’Égypte, soucieuse de ne pas paraître abandonner la cause palestinienne, renforce discrètement ses capacités militaires dans le Sinaï et diversifie ses sources d’armement. Une dynamique perçue comme une menace par Israël, qui dénonce une « politique expansionniste » et des déclarations « dangereuses » venant du camp adverse.

Pour l’expert militaire égyptien Hamdi Bakhit, ces tensions reflètent un déséquilibre régional : « L’Égypte a reconnu Israël, mais ne peut ignorer ses provocations sécuritaires. » Alors que les pressions économiques et diplomatiques s’intensifient, la gestion conjointe de la crise gazouie et du Sinaï reste un défi explosif pour les deux voisins.

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