Le Sultan d’Oman en Algérie : un tournant diplomatique

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Dimanche marque l’arrivée du Sultan d’Oman, Haitham bin Tariq, en Algérie pour une visite d’État de deux jours, une étape qui pourrait redessiner les contours de la coopération entre Alger et Mascate. Invité par le président Abdelmadjid Tebboune, ce déplacement s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre deux nations arabes partageant des ambitions communes face aux turbulences régionales. Plus qu’une simple visite protocolaire, elle porte l’espoir d’un renouveau diplomatique, mais aussi le poids des défis qui attendent les deux pays.

Au cœur de cette rencontre, une volonté affirmée de renforcer les relations bilatérales dans tous les domaines : économie, agriculture, santé, et investissements. Accompagné d’une délégation de haut niveau, incluant des ministres clés et le président de l’Autorité d’investissement d’Oman, Haitham bin Tariq entend explorer des pistes concrètes. Les discussions porteront aussi sur l’action arabe commune et les développements régionaux, notamment la crise à Gaza et les tensions au Moyen-Orient. Cette coordination est cruciale à une époque où l’unité arabe semble plus fragile que jamais, fragmentée par des intérêts divergents et des pressions extérieures.

Ce sommet s’appuie sur une relation déjà solide. La visite du président Tebboune à Oman en octobre 2024 avait jeté les bases d’un partenariat économique et politique, renforçant une alliance ancrée dans une vision mutualiste. Oman, avec sa diplomatie discrète mais influente – notamment au Yémen – et l’Algérie, pivot nord-africain défendant la cause palestinienne, pourraient former un duo complémentaire. Les réseaux sociaux, notamment X, bruissent d’optimisme, les Algériens saluant cette ouverture vers un pays du Golfe connu pour sa stabilité et sa neutralité.

Mais ce rapprochement n’est pas sans enjeux. L’Algérie, important exportateur de gaz et de pétrole, et Oman, en quête de diversification économique, partagent des défis communs face à la transition énergétique et à la volatilité des marchés. La réussite de cette visite dépendra de la capacité des deux leaders à transformer les paroles en projets tangibles, comme des accords dans les énergies renouvelables ou les investissements agricoles. Dans un contexte régional marqué par les guerres et les rivalités, cette coopération pourrait aussi être perçue comme une réponse à l’influence croissante des grandes puissances, notamment les États-Unis et la Chine.

Cette visite est une opportunité, elle pourrait poser les jalons d’une alliance ambitieuse, renforçant l’influence arabe face aux crises actuelles. À l’heure où le monde arabe a besoin d’unité, Alger et Mascate ont le devoir de transformer ce dialogue en une force collective.            Riad

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