En concluant vendredi sa tournée dans le Golfe aux Émirats arabes unis, Donald Trump a quitté la région avec un sourire triomphant et une moisson d’accords économiques qu’il qualifie d’« historiques ». Selon le président américain, ces quatre jours de visites à Riyad, Doha et Abou Dhabi pourraient générer entre « 3 500 et 4 000 milliards de dollars » pour l’économie américaine. Un chiffre colossal, brandi comme un trophée par l’ancien magnat de l’immobilier, qui n’a jamais caché son amour pour les deals spectaculaires.
Les annonces sont effectivement impressionnantes : « 600 milliards de dollars » d’investissements saoudiens, incluant un accord de défense de 142 milliards ; un contrat de « 96 milliards » pour Boeing au Qatar, malgré les déclarations de Trump qui l’évalue à 200 milliards ; et, clou du spectacle, un engagement de « 1 400 milliards de dollars » sur dix ans des Émirats arabes unis, principalement dans l’intelligence artificielle et les technologies avancées.
Si les palais de marbre et les escortes de jets de combat ont ébloui le président républicain, ce faste contraste cruellement avec les tragédies qui secouent la région et au-delà. À Gaza, sous un siège israélien implacable depuis le 2 mars 2025, la population endure une catastrophe humanitaire sans précédent. Depuis deux mois, aucun approvisionnement – nourriture, médicaments, carburant – n’a pu entrer dans le territoire, laissant des centaines de milliers de personnes dans une détresse absolue. En Somalie, l’ONG Save the Children alerte sur le sort de près d’un demi-million d’enfants menacés de famine, tandis que les financements internationaux se tarissent
Face à ces crises, la tournée de Trump, centrée sur les « méga-deals » et les investissements high-tech, semble déconnectée. Alors que les monarchies du Golfe déploient leur opulence pour séduire Washington, les appels à l’aide des populations en détresse restent désespérément ignorés. Trump, qui a brièvement évoqué la levée des sanctions sur la Syrie et une possible normalisation avec Israël, n’a proposé aucune initiative concrète pour Gaza ou la Somalie. Sa diplomatie transactionnelle, où les dollars priment sur les principes, soulève une question lancinante : à quoi servent ces milliards si les plus vulnérables sont laissés pour compte ?
En somme, les 4 000 milliards de dollars vantés par Trump sont autant une prouesse qu’un miroir de ses priorités. Pendant que les tapis rouges se déroulent et que les stylos signent des accords, Gaza et la Somalie rappellent que l’opulence ne fait pas une politique. Riad






























