Assurances en Algérie : fin des paiements en espèces

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L’Algérie amorce un tournant majeur dans le secteur de l’assurance avec l’interdiction des paiements en espèces, entrée en vigueur pour les assurances obligatoires depuis le 1er janvier 2025, conformément à l’article 207 de la loi de finances 2025. Cette mesure, saluée comme un pas vers la modernisation, s’accompagne d’une accélération de la numérisation, portée par des initiatives locales. Hassan Khalifati, membre du comité directeur de l’Union algérienne des compagnies d’assurance et de réassurance, a détaillé cette transformation dans une interview accordée à *El Chourouk*, mettant en avant le rôle pionnier de la compagnie « Alliance », qui s’appuie exclusivement sur des start-ups algériennes, évitant ainsi des logiciels étrangers et économisant des centaines de milliers d’euros annuels.

Grâce à cette numérisation, les clients peuvent désormais souscrire un contrat par téléphone, transmettre des photos d’accidents, payer leurs primes, déclarer des sinistres, suivre leurs dossiers d’indemnisation et recevoir des paiements directement sur leur compte bancaire. Khalifati a révélé que « Alliance » intègre déjà l’intelligence artificielle pour analyser les souscriptions, évaluer les indemnisations et détecter les fraudes, des innovations qui commencent à porter leurs fruits. Cette transition, axée sur des solutions nationales, renforce l’autonomie du secteur et répond aux exigences de la nouvelle législation.

Parallèlement, les compagnies d’assurance ont appliqué une hausse de 15 % des tarifs de l’assurance responsabilité civile automobile, effective depuis le 1er juillet, portant l’augmentation à 300 dinars. Cette décision, prise dans un contexte de numérisation accélérée, suscite des réactions mitigées : certains y voient une modernisation nécessaire, tandis que d’autres, sur les réseaux sociaux, dénoncent une pression supplémentaire sur les ménages. L’obligation de paiement non liquide, combinée à cette hausse, marque une rupture avec les pratiques traditionnelles, poussant les citoyens vers une adoption forcée des outils numériques.

Cette révolution suscite des espoirs mais aussi des défis. Si la numérisation promet une transparence accrue et des économies, elle exige une inclusion digitale pour éviter d’exclure les populations moins familières avec la technologie.

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