Un nouveau sondage de l’Institut DYM jette une lumière crue sur les tensions entre l’Espagne et le Maroc. Selon cette étude, 89 % des Espagnols ne font pas confiance au Makhzen, qualifiant le gouvernement marocain de « partenaires infidèles et non fiables ». Ce chiffre, bien plus alarmant que les 55 % perçus comme une menace dans le baromètre du Real Instituto Elcano, révèle une rupture de confiance profonde, alimentée par des années de différends et de soupçons mutuels. Alors que les efforts diplomatiques cherchent à apaiser les relations, ce sondage soulève des questions sur la viabilité d’une coopération sincère entre les deux voisins méditerranéens.
Cette défiance s’enracine dans des épisodes récurrents, comme la crise migratoire de Ceuta en 2021, où le Maroc a été accusé d’utiliser les flux migratoires comme un levier politique, ou les récentes allégations d’espionnage impliquant le Makhzen et la France dans des bases espagnoles, notamment à Ceuta et Melilla. Le soutien diplomatique espagnol au Maroc, bien qu’il ait temporairement calmé les tensions, n’a pas suffi à effacer l’image d’un partenaire perçu comme opportuniste. Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre indignation – certains parlent d’un « chantage permanent » – et appels à une fermeté accrue, notamment sur les questions migratoires et sécuritaires.
Le clivage idéologique joue aussi un rôle : les électeurs de droite, souvent plus sceptiques envers le Maroc, amplifient cette méfiance, tandis que la gauche, malgré des critiques envers l’entité israélienne ou les États-Unis, reste moins hostile. Pourtant, cette unanimité écrasante (89 %) transcende les partis, suggérant une perception généralisée d’un Makhzen prêt à trahir ses engagements pour servir ses intérêts géopolitiques, notamment face à l’Algérie ou dans le dossier saharien. Des voix critiques, y compris au sein de l’armée espagnole, murmurent que Rabat joue un double jeu, entre narcotrafic présumé et manipulations diplomatiques, une accusation que le Maroc rejette avec vigueur.
Ce sondage n’est pas qu’un reflet d’opinion : il est un avertissement. La relation Espagne-Maroc, vitale pour le commerce et la sécurité, repose sur un équilibre fragile. Cette défiance envers le Maroc, voisin stratégique et partenaire commercial, risque de saper des décennies de coopération. La Méditerranée pourrait devenir un théâtre de tensions durables et ce sondage ne sera qu’un prélude à une escalade régionale, au détriment de la paix et de la prospérité.






























