La justice algérienne marque un tournant dans sa bataille contre la corruption avec les révélations du ministre de la Justice, dimanche, lors de la Journée africaine de lutte contre la corruption. Avec 335 commissions rogatoires internationales adressées à 32 pays et 53 demandes de restitution d’avoirs à 11 nations, dont une africaine, l’Algérie déploie une stratégie ambitieuse pour traquer, geler et récupérer les produits du crime transférés à l’étranger. Ce plan, qui a déjà permis de restituer des biens immobiliers, mobiliers et financiers, illustre une volonté ferme de reprendre le contrôle sur un passé marqué par des détournements.
Cet effort s’inscrit dans un cadre national global, soutenu par une commission d’experts et une diplomatie active, intégrant des réseaux internationaux comme l’initiative STAR de la Banque mondiale ou l’Office des Nations unies contre la drogue. L’adhésion récente au réseau régional du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord a amplifié ces démarches, facilitant des dialogues avec des pays partenaires lors de conférences comme celle de 2023 sur la Convention des Nations unies contre la corruption. Ces avancées, portées par des réunions virtuelles et des déplacements d’experts, témoignent d’une coordination sans précédent, malgré des obstacles persistants.
Cependant, la route reste semée d’embûches : variabilité des réponses judiciaires, complexité des systèmes étrangers et multiplication des acteurs freinent les progrès. Le ministre a reconnu ces défis objectifs, appelant à une solidarité africaine pour établir des pratiques communes et des mécanismes flexibles. Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre espoir – « un pas vers la justice » – et scepticisme sur l’efficacité face à des pays réticents.
Cette offensive contre la corruption est un signal fort de l’Algérie pour rétablir sa crédibilité et protéger ses ressources. Mais son succès dépendra de la coopération internationale renforcée. Sans surmonter ces barrières, le pays risque de voir ses efforts s’essouffler, laissant les avoirs détournés hors de portée. Riad






























