L’Algérie resserre son étau sur le commerce des bijoux et des objets précieux, avec un décret signé le 3 juillet 2025 par le ministre des Finances, Abdelkrim Boualzer, publié dans le dernier « Journal officiel ».
Ce nouveau système de contrôle, visant à contrer le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, marque une avancée décisive dans la lutte contre la criminalité financière. En plaçant sous surveillance grossistes, détaillants, artisans et importateurs, ce texte, supervisé par la Direction générale des impôts, aligne le pays sur les normes internationales tout en protégeant son économie. À l’aube de cette réforme, l’enjeu est clair : faire de la transparence une arme contre les flux illicites.
Ce dispositif repose sur une « approche fondée sur les risques », obligeant les commerçants à évaluer annuellement les menaces de blanchiment et à vérifier rigoureusement l’identité de leurs clients, y compris les bénéficiaires réels, tout en bannissant les transactions anonymes. L’obligation de signaler les opérations suspectes , comme des achats importants en espèces ou sans justificatifs , à la cellule de traitement des renseignements financiers, avec possibilité de les suspendre, renforce cette vigilance. La conservation des registres pendant cinq ans garantit une traçabilité essentielle, transformant chaque acteur en sentinelle contre les abus.
Cette polarisation reflète un défi d’équilibre entre sécurité et fluidité économique. Le secteur des pierres précieuses et métaux précieux, souvent opaque, a été identifié comme une porte d’entrée pour des fonds criminels, une réalité que ce décret cherche à éradiquer. Cette mesure s’inscrit dans une dynamique globale où l’Algérie renforce ses secteurs sensibles, répondant aux attentes internationales.
Cette initiative n’est pas un luxe, mais une nécessité face à des menaces transfrontalières. En imposant des garde-fous stricts, l’État affirme sa détermination à empêcher que ce commerce ne finance des activités illégales, tout en préservant sa crédibilité économique. Le succès de cette surveillance dépendra de sa mise en œuvre rigoureuse et de l’accompagnement des acteurs pour éviter des dérives bureaucratiques, faisant de cette réforme un test pour l’avenir. Riad






























