En marge de sa visite à la Foire du commerce intra-africain au Palais des expositions des Pins maritimes, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a mis en avant le potentiel de l’Algérie dans le domaine, rappelant que 26 % des sites de production de médicaments et dispositifs médicaux du continent sont implantés dans le pays, ce qui lui confère une position privilégiée pour devenir un fournisseur majeur en Afrique.
En effet, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, s’est montré fort optimiste quant à l’issue des échanges entre les différents opérateurs. « Dans le secteur pharmaceutique, nous avons enregistré la participation de 22 opérateurs algériens et les perspectives laissent entrevoir que la conclusion des accords avec leurs homologues africains serait évaluée à près de 400 millions de dollars », a indiqué M. Kouidri, ajoutant qu’après quatre jours de l’ouverture de la 4e édition de l’IATF, il estime que « c’est une édition réussie ». Pour le ministre, la tenue de cet événement continental à Alger marque une étape importante dans la consolidation de la coopération Sud-Sud. L’industrie pharmaceutique se place en tête des secteurs stratégiques capables d’apporter des solutions concrètes aux besoins du Continent africain. « Avec plus de 1,4 milliard d’habitants, soit 20 % de la population mondiale, l’Afrique ne contribue qu’à hauteur de 4 % à la production mondiale de médicaments. Un Africain sur quatre souffre d’une maladie nécessitant un traitement, ce qui illustre le fossé entre les besoins et les capacités de production », a-t-il souligné. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Alors que le marché mondial du médicament a atteint 1 645 milliards de dollars en 2024, le marché africain ne représente que 27 milliards de dollars. Un écart considérable qui, selon M. Kouidri, constitue « une opportunité stratégique majeure ». En investissant dans la recherche, l’innovation et la production locale, l’Afrique pourrait bâtir une industrie pharmaceutique intégrée et compétitive, garante de la souveraineté sanitaire de ses peuples, a signalé le ministre. L’Algérie ambitionne de renforcer ses exportations mais se heurte encore à des contraintes réglementaires. « Notre principal handicap reste lié au niveau LM3 de régulation, qui limite l’enregistrement et la commercialisation massive de nos produits. Nous visons à atteindre le niveau 4 de maturité réglementaire, et une évaluation de l’OMS est prévue à la fin d’octobre », a indiqué le ministre. L’obtention de ce statut permettrait à l’Algérie de faciliter l’homologation de ses médicaments à l’échelle africaine et internationale, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives à ses opérateurs. Cette ambition se reflète également dans le dynamisme des entreprises algériennes de l’industrie pharmaceutique présentes à l’IATF. C’est le cas de Sadid Diagnopharm, spécialisée dans la fabrication de dispositifs et de réactifs médicaux, qui profite de cette manifestation pour la conclusion d’accords avec plusieurs pays africains, dont le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Kenya et l’Ethiopie.






























