Carton rouge pour la FIFA

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Le football, sport universel par excellence, devrait incarner l’équité, le dépassement de soi et l’unité entre les peuples. Pourtant, sous la présidence de Gianni Infantino, la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) semble avoir délibérément troqué ces idéaux contre une realpolitik cynique, transformant le ballon rond en outil de diplomatie coercitive et de complaisance géopolitique.

En février 2022, la FIFA et l’UEFA ont suspendu la Russie de toutes les compétitions internationales en réponse à l’invasion de l’Ukraine, invoquant des principes moraux et le refus de « rester silencieux face à l’agression » . Cette décision, bien que saluée par une large partie de la communauté internationale, a révélé une approche sélective des crises mondiales. Trois ans plus tard, face à la guerre de l’entité israélienne à Gaza – qui a causé la mort de plus de 700 athlètes palestiniens et la destruction de 270 installations sportives selon les rapports internationaux – la FIFA garde un silence assourdissant. Aucune sanction n’est envisagée contre l’entité israélienne , alors même que son équipe nationale continue de participer aux compétitions internationales sans entrave.

La FIFA défend sa neutralité affichée dans ses statuts, mais ses actions démontrent une complaisance envers certaines puissances. Alors que la Russie était exclue pour des raisons de « sécurité » et de refus de « promotion politique », le même principe n’est pas appliqué à l’entité israélienne, dont les actions militaires sont pourtant condamnées par des organisations internationales comme relevant de « l’apartheid » et d' »actes d’extermination». Cette inconsistance soulève une question fondamentale : la FIFA mesure-t-elle les droits humains à l’aune des intérêts économiques et diplomatiques ?.

Sous Infantino, la FIFA a systématiquement favorisé des pays aux bilans humanitaires critiqués pour l’organisation de mega-événements. Le Qatar (Coupe du monde 2022) et l’Arabie Saoudite (2034) ont été choisis comme hôtes malgré des preuves accablantes de violations des droits des travailleurs migrants et de suppression des libertés civiles. Infantino lui-même a cultivé des relations étroites avec le régime saoudien, allant jusqu’à influencer le processus d’attribution de la Coupe du monde 2034 pour favoriser Riyad. Ces choix sont emblématiques d’une stratégie délibérée d’alignement sur des puissances économiquement influentes, au mépris des valeurs sportives.

La FIFA prétend promouvoir l’inclusion et la justice, mais ses actions contredisent ses discours. En 2025, lors de la Coupe du monde des clubs aux États-Unis, la FIFA a substitué ses messages anti-discrimination par le slogan vague  » Le football unit le monde « , une régression dénoncée par des organisations comme Human Rights Watch .

La FIFA ne peut plus se cacher derrière une neutralité de façade. Son silence complice face aux atrocités à Gaza, juxtaposé à sa réactivité contre la Russie, expose une institution minée par des intérêts géopolitiques et économiques.

Le football mérite mieux qu’une institution qui instrumentalise le sport pour servir des agendas politiques. Il est temps que les passionnés du monde entier exigent une FIFA qui incarne enfin les valeurs qu’elle prétend défendre. Riad

 

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