Le blocus du carburant plonge le Mali dans l’asphyxie. Depuis le 3 septembre, le « Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (JNIM) », affilié à « Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) », impose un « blocus total sur les importations de carburant » à destination du Mali.
Les routes menant à Bamako sont devenues des zones de non-droit où les camions-citernes sont systématiquement incendiés. Cette situation paralyse progressivement l’économie malienne, déjà fragilisée par les sanctions et l’isolement diplomatique de la junte.
Dans la capitale, les stations-service sont à sec. Les files s’allongent, les prix explosent et les transports publics tournent au ralenti. Les hôpitaux, les boulangeries et les services essentiels fonctionnent au compte-gouttes. « Nous n’avons plus de gasoil depuis une semaine », confie un chauffeur de Bamako, contraint d’abandonner son véhicule.
Le JNIM, qui contrôle plusieurs axes du nord et du centre du pays, justifie ce blocus par sa volonté de « punir la junte » et « faire plier les militaires » au pouvoir. En réalité, cette stratégie vise à étouffer l’État malien et à démontrer son incapacité à assurer la sécurité du territoire.
Malgré les promesses répétées du colonel « Assimi Goïta », le pouvoir militaire apparaît dépassé. L’armée malienne, soutenue par des mercenaires du groupe Wagner, tente en vain de rouvrir les routes stratégiques reliant le Mali à la Côte d’Ivoire et au Sénégal. Mais les embuscades jihadistes se multiplient, et plusieurs convois de l’armée ont été décimés. L’absence de réaction ferme de Bamako nourrit la colère de la population, déjà éprouvée par la flambée des prix et la dégradation des conditions de vie.
Les experts redoutent une crise énergétique majeure dans les semaines à venir. Sans carburant, les générateurs à Bamako et dans les grandes villes ne pourront plus alimenter ni administrations ni infrastructures vitales. Le Mali, enclavé et dépendant de ses voisins côtiers, risque l’asphyxie économique si le blocus perdure.
Ce blocus du JNIM est plus qu’un simple acte terroriste : c’est une guerre économique et psychologique destinée à montrer que les armes du jihad peuvent peser davantage que les décisions des chancelleries. Riad






























